De l'eau a coulé sur Mars il y a plus de 3 milliards d'années, cela est certain. Mais cette eau était-elle suffisamment abondante pour former des océans, en particulier un dans l'hémisphère nord de Mars ? La question est débattue depuis des années, mais de nouvelles analyses de la topographie et de la stratigraphie martienne semblent maintenant clore le débat quant à l'existence de cet océan martien aujourd'hui disparu.

On doit à la sonde de la NasaNasa Mars Global Surveyor (MGS) de nombreuses découvertes et bien sûr de magnifiques images de la surface de Mars qu'elle a prises alors qu'elle était en orbiteorbite autour de la Planète rouge de 1997 à 2006. Elle a fait date parce qu'elle était la première mission martiennemission martienne de la Nasa a vraiment pouvoir reprendre, et en allant beaucoup plus loin, les investigations des énigmes laissées 20 ans auparavant par les orbiters des missions Viking.

Grâce à elles (Viking Orbiter 1 a fonctionné pendant quatre ans et réalisé 1 489 orbites autour de Mars, concluant sa mission le 7 août 1980, tandis que Viking Orbiter 2 a fonctionné jusqu'au 25 juillet 1978), non seulement d'immenses vallées fluviales - parfois s'étendant sur des milliers de kilomètres - sont découvertes, mais on a trouvé également des traces de libération massive et rapide d'énormes volumesvolumes d'eau avec des débitsdébits estimés à dix-mille fois le débit du Mississippi pour certains écoulements.

Les observations fournies permettent alors également la calibration des âges des terrains cratérisés grâce aux datations des roches lunaires ramenées par les missions Apollo (le bombardement météoritique et la taille des impacteursimpacteurs diminuant depuis la fin de la formation du Système solaireSystème solaire il y a presque 4,5 milliards d'années), et ces missions ont permis de constituer un équivalent de la chronologie des ères géologiquesères géologiques sur Terre.

    Cette impression d'artiste montre à quoi pouvait ressembler Mars il y a environ 4 milliards d’années. La jeune Planète rouge aurait eu suffisamment d'eau pour couvrir toute sa surface d'une couche liquide d'environ 140 mètres de profondeur, mais il est plus probable que cette eau se serait accumulée pour former un océan occupant près de la moitié de l'hémisphère nord de Mars, atteignant dans certaines régions des profondeurs supérieures à 1,6 kilomètre. © ESO, M. Kornmesser, N. Risingerde

    De Mariner 9 à Mars Global Surveyor

    Les planétologues vont pouvoir en tirer approximativement trois grandes périodes de l'histoire martienne nommées d'après des endroits sur Mars qui appartiennent à ces périodes. On distingue donc en général et dans l'ordre chronologique depuis la naissance de Mars :

    • le Noachien (du nom de Noachis Terra) correspondant aux terrains remontant à plus de 3,7-3,5 milliards d'années, fortement cratérisés et situés majoritairement dans l'hémisphère sudhémisphère sud. Mars ne devait pas encore avoir perdu son atmosphèreatmosphère et elle devait posséder de vastes étendues d'eau liquideliquide ;
    • l'Hespérien (du nom d'Hesperia Planum), une période relativement brève de quelques centaines de millions d'années marquée par une forte activité volcanique de la planète et la disparition de son bouclier magnétique, entraînant donc le début de l’érosion de son atmosphère par le vent solaire et le début de la fin de l'existence de l'eau liquide à la surface de Mars  ;
    • l'Amazonien (du nom d'Amazonis Planitia) qui, lui, correspond aux terrains de moins de 3,2 milliards d'années très peu cratérisés et situés très majoritairement dans l'hémisphère nordhémisphère nord. Mars est devenue très aride et peu active, avec toutefois quelques épisodes volcaniques mais moins intenses que ceux de l'Hespérien.

    Le saviez-vous ?

    Souvenons-nous. Il y a tout juste un peu plus de 50 ans, la sonde états-unienne Mariner 9 était la première à se mettre en orbite autour de Mars au mois de novembre 1971. Une tempête martienne va cependant lui interdire de photographier la surface de la Planète rouge jusqu’au 2 janvier 1972. Les images qui ont ensuite été envoyées à la noosphère étaient déjà d’une résolution non négligeable puisqu’elle est de l’ordre du kilomètre. Elles révèlent des détails inédi...
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