Dimanche 9 octobre, la chaîne M6 a diffusé un nouvel épisode de «Capital»: «Forains, gens du voyage: révélations sur une économie secrète». Le public fut au rendez-vous. Ce soir-là, le magazine au titre racoleur présenté par Julien Courbet s'est offert un record d'audience. Quelque 2,9 millions de téléspectateurs ont retrouvé tout ce à quoi la plupart des médias français les ont habitués au sujet des gens du voyage, c'est-à-dire une montagne de clichés.
«Je ne crains pas le pire. Je sais d'avance la catastrophe que ce brûlot raciste va produire», s'est étranglé William Acker, juriste issu d'une communauté de gens du voyage, dans une série de tweets à travers laquelle il pointe les amalgames et les stéréotypes les plus nauséabonds mobilisés pour promouvoir l'enquête du dimanche soir, compilés dans un communiqué de presse.
Pour en avoir le cœur net, il a regardé l'émission, récemment élue préférée des Français: «Les profils sélectionnés sont caricaturaux et correspondent à la plupart des clichés qui collent à la peau des gens du voyage. On nous présente comme des voleurs. Des voleurs riches ou des voleurs pauvres, mais toujours des voleurs», soupire-t-il.
Les caméras suivent par exemple Henock Cortes, rappeur et investisseur immobilier dans le Puy-de-Dôme. «Comment fait-il pour acheter des maisons sans argent?», s'interroge M6, laissant entendre au spectateur que forcément, là où il y a gitan, il y a emb...
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