Pourquoi les mères non blanches idolâtrent Lady Diana

Donia Ismail - Slate FR - 03/11
Pour certaines, elle était une meilleure amie, pour d'autres un miroir. Avant la sortie de la saison 5 de «The Crown» le 9 novembre, revenons sur la fascination débordante de ces femmes pour la princesse de Galles.

D'aussi loin que je me souvienne, Lady Diana a toujours eu une place de choix au sein de ma famille, et surtout dans le cœur de ma mère. Je me revois encore gamine, à l'arrière de la Peugeot 306, en direction du pont de l'Alma. Elle filait à toute allure, ma maman l'air toujours grave. Quand on s'arrêtait devant la flamme, à l'endroit où la princesse est décédée en août 1997, elle était constamment très émue. Et la même phrase revenait sans cesse: «Quel gâchis, quel gâchis…»

Depuis toujours, ma mère, née en Algérie dans les années 1950 dans un petit village aux portes du désert, était obsédée par Lady Diana. De ses voyages humanitaires aux tailleurs qu'elle copiait soigneusement une fois arrivée en France, la princesse était partout, tout le temps, avec elle et donc, avec nous. Chaque année, le 31 août, le jour de ce funeste accident, ma mère m'asseyait devant la télévision et mettait un documentaire sur la vie de celle qu'elle admirait plus que tout. Pourtant, elle connaissait déjà chaque détail de sa vie, chaque interview, chaque image d'archives. C'était sa manière, à elle, de célébrer sa mémoire.

Elle le faisait comme on penserait à un proche décédé tragiquement. Alors moi, du haut de mes 5 ans, face à tant d'importance qu'elle accordait à cette grande femme blonde, j'étais persuadée que Lady Diana était ma tante. Et puis, ça faisait un peu sens.

Dans ma tête, le calcul était vite...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...