Octobre rose au Sénégal : les défis persistants du dépistage

Clémence Cluzel - LePoint - 30/10
RENDEZ-VOUS. Lancée en 2010, la sensibilisation autour du cancer du sein, l’un des plus importants au Sénégal, commence à porter ses fruits, mais les obstacles persistent.

Alors qu'elle a 16 ans, Emmanuelle Mabele, originaire de RDC, constate en se regardant dans le miroir une asymétrie au niveau de la poitrine. Après consultation, les médecins lui découvrent une tumeur dont elle est opérée. Elle s'avérera bénigne. Quelques années plus tard, en 2020, installée à Dakar où elle poursuit ses études en médecine, elle se fait de nouveau dépister. Le choc : la tumeur est de retour et une nouvelle opération est prévue. Également bénigne, la tumeur aurait pu évoluer vers une forme plus grave si elle n'avait pas été surveillée à temps. Désormais en bonne santé, Emmanuelle doit se faire dépister tous les six mois même si elle confesse « angoisser de revivre ses expériences passées » par « crainte des résultats ». Cela ne l'empêche pas de pratiquer régulièrement l'autopalpation et de faire de la prévention, en rassurant son entourage, pour le dépistage. « Mes copines ont peur du dépistage car elles ont des idées reçues : elles pensent qu'elles vont avoir une piqûre ou qu'elles vont avoir mal » dit-elle avec un petit sourire.

Contrairement à l'Europe, où plus de 50 % des cancers du sein sont diagno...
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