Avec son gros mammouth en guise de logo, Mastodon n'a pour ainsi dire jamais vraiment décollé depuis son lancement, courant 2016, dans l'indifférence quasi générale. Le réseau social au pachyderme, qui revendique quelque 600.000 inscrits en France (très loin des 12,8 millions de son proche cousin à l’oiseau bleu), entend aujourd'hui tirer profit de l'exode des utilisateurs de Twitter après l’arrivée controversée d’Elon Musk aux commandes.
Depuis les heures qui ont suivi l'officialisation du rachat de Twitter, la plateforme concurrente, créée par l'Allemand Eugen Rochko, figure ainsi parmi les sujets les plus discutés sur le média social à l’oiseau bleu. Et un certain nombre d'utilisateurs ont fait part de leur intention de déserter. Car au cours des derniers mois, Elon Musk a répété vouloir renforcer la liberté d'expression au détriment de la modération. Et beaucoup craignent une poussée massive, sur Twitter, de désinformation et de discours haineux.
Déjà en avril dernier, alors que le deal semblait déjà scellé pour le rachat de Twitter, son clone était déjà perçu comme une terre d'asile pour de nombreux utilisateurs déçus de la plateforme à l'oiseau bleu. "Nous observons un afflux d'environ 41.287 utilisateurs sur le réseau Mastodon aujourd'hui", avait même lancé, un brin provocateur, l'entreprise allemande, depuis son compte Twitter. Désormais, Mastodon espère profiter de ce nouveau coup de projecteur pour attirer de nouveaux utilisateurs.
Mais alors, pourquoi choisir ce réseau social plutôt qu’un autre ? La réponse sort de la bouche de son créateur : "Parce qu'il est décentralisé et open source, il ne peut pas être vendu et ne fera pas faillite. Il respecte votre vie privée et donne le contrôle du réseau aux personnes. C'est un produit au-dessus d'un protocole, comme Twitter aurait dû l'être", explique, dans un tweet, Eugen Rochko. Ajoutons, comme nous allons le voir, que les deux outils partagent de nombreuses similarités.
Commençons tout d’abord par le fonctionnement. Sur ce point, la plateforme au pachyderme ressemble à s’y méprendre à celle de Twitter. Les deux repose sur un service de "microblogging", permettant d'échanger en temps réel de courts messages, en les accompagnant de contenus multimédias (image, vidéo, GIF, etc.). À la différence que sur Mastodonte, on publie des "pouets". Non pas en 280 caractères, comme sur Twitter, mais en 500 signes.
Les deux plateformes proposent par ailleurs de suivre des profils, retweeter (ou "booster"), mentionner un utilisateur pour démarrer une conversation, marquer un message en favori ou encore recevoir des messages privés. Côté interface, le design s’inspire du célèbre logiciel Tweetdeck, un outil qui permet de gérer les flux de divers réseaux sociaux.
Là où le réseau social au pachyderme se démarque réellement de son rival, c’est sur le harcèlement en ligne. Car Twitter est régulièrement pointé du doigt pour l’absence de modération. Les utilisateurs peuvent, en un clic, paramétrer le niveau de confidentialité de leurs messages sur la plateforme. Celui-ci peut être "public", "privé" ou encore "direct", c’est-à-dire que le message n’est visible que par les utilisateurs qui sont mentionnés.
Sur Mastodon, une option permet aussi de masquer un contenu, image ou texte, pour qu'il s'affiche uniquement en cliquant sur un bouton.