La Nupes a-t-elle amendé sa motion de censure pour attirer les voix du Rassemblement national ?

LCI - 27/10
[VIDÉO] - Des dissidents socialistes et la majorité accusent la Nupes d'avoir édulcoré le contenu de sa première motion de censure, discutée lundi, pour qu'elle puisse être votée par le Rassemblement national. Ils accusent notamment la formation de Jean-Luc Mélenchon d'avoir retiré du texte d'une allusion à l'"immigration". Les alliés de gauche s'en défendent, même si des débats ont eu lieu entre eux sur la teneur à donner à ce texte.

Des dissidents socialistes et la majorité accusent la Nupes d'avoir édulcoré le contenu de sa première motion de censure, discutée lundi, pour qu'elle puisse être votée par le Rassemblement national.
Ils accusent notamment la formation de Jean-Luc Mélenchon d'avoir retiré du texte d'une allusion à l'"immigration".
Les alliés de gauche s'en défendent, même si des débats ont eu lieu entre eux sur la teneur à donner à ce texte.

"Le groupe que j'ai l'honneur de présider votera également la notion de censure présentée en des termes acceptables de l'autre côté de l'hémicycle." En prononçant cette phrase à la tribune de l'Assemblée nationale, lundi 24 octobre, et en annonçant que le RN voterait pour la motion déposée par la Nupes suite au premier 49.3 déclenché par le gouvernement, Marine Le Pen a réussi son coup politique. D'abord en obligeant les Républicains à justifier leur refus de ne pas voter de motion de censure ; puis en semant la zizanie au sein de la Nupes.

Dès l'annonce de la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, des voix gênées se sont élevées au sein de l'alliance de gauche pour réaffirmer qu'elle ne sera "jamais l'alliée de l'extrême droite". Mais dès mardi, des accusations plus graves ont été lancées, venues de membres du Parti socialiste opposés à l'accord conclu entre la direction du parti et Jean-Luc Mélenchon avant les élections législatives. C'est François Kalfon, membre du bureau du PS, qui le premier a lancé la rumeur. "On me dit dans l'oreillette que LFI a fait retirer toute mention positive à l'immigration, pourtant présente dans la motion de censure de la gauche pour permettre au RN de la voter", tweete-t-il le 25 octobre. Un message relayé notamment par l'ancien premier secrétaire socialiste Jean-Christophe Cambadélis. 

Le lendemain, la majorité reprend cette idée. Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, fustige "une espèce d'accord tacite avec l'extrême droite" et mercredi soir sur le plateau de France 2, Emmanuel Macron accuse la Nupes d'être "main dans la main" avec le RN. "Vous pensez que nos compatriotes qui ont voté pour un député socialiste ou écologiste lui ont demandé de porter une majorité avec des députés du Rassemblement national et lui ont demandé de déposer une motion de censure qui a, à dessein, été changée par cette coalition baroque de la Nupes ?", déclare-t-il. Ce jeudi, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin interpelle la gauche : y a-t-il eu "une négociation de la honte entre LFI et le RN ?"

La mention faisait-elle référence à l'immigration ?

Pour avoir le fin mot de l'histoire, il faut se tourner vers le groupe écologiste, chargé de rédiger la motion de censure de la Nupes défendue lundi par sa présidente de groupe, Cyrielle Chatelain. Selon les informations de TF1 et LCI, huit versions ont été écrites et discutées au sein de l'intergroupe, avant la version finale dévoilée le 19 octobre et débattue lundi 24. 

Tous les parlementaires membres de la Nupes interrogés par TF1 et LCI réfutent le fait qu'une mention à l'immigration ait été enlevée du texte pour permettre au Rassemblement national de le signer. "Il n'y a jamais eu de mention sur l'immigration retirée, ça n'a jamais été évoqué par les socialistes", nous a indiqué une source insoumise. "On parle depuis 48 heures de pourquoi on n'a pas mis une phrase qui n'existait pas", ajoute un socialiste. "Je n'ai jamais vu un truc retiré sur l'immigration", assure un membre du groupe écologiste.

Selon l'Humanité, qui a pu consulter les versions successives du texte, le mot "immigration" n'a jamais figuré dans le texte rédigé sous la houlette des écologistes. "Nous avons choisi de mettre, dans notre motion, des marqueurs relatifs au fond des textes et l'immigration n'est clairement pas un sujet budgétaire", leur a indiqué Sophie Taillé-Polian, membre de l'intergroupe pour Les Verts.  

Des dissensions sur la teneur de la motion entre les alliés de gauche

En revanche, des discussions ont bien eu lieu entre les membres de l'alliance, pour savoir quelle teneur devait avoir la motion de censure. "Nous avions le choix entre une motion de censure de pure forme et une motion de c...
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