"On a traversé ensemble beaucoup de crises, (...) nous allons y arriver, pour avoir un pays plus fort". Dans un long entretien accordé à France 2 mercredi 26 octobre, le chef de l'État Emmanuel Macron est revenu sur de nombreux points d'inquiétudes des Français à l'échelle nationale, de l'inflation à la réforme des retraites en passant par la sécurité, rappelant des dispositifs mis en place et révélant quelques annonces. Avec un ton combatif, il a aussi livré quelques saillies contre les adversaires de son gouvernement à l'Assemblée nationale.
Le chef de l'État est d'abord revenu sur l'un des sujets de préoccupations centraux des Français : l'inflation. La France a perdu 85 milliards d'euros de revenus à cause de la crise de l'énergie, mais "un peu plus de la moitié de ce choc" a été amorti par les aides mises en place par l'État, a poursuivi Emmanuel Macron. "À la fin des fins, notre inflation en France est de l’ordre 6-6,5%, là où elle est, dans le reste de la zone euro et chez la plupart de nos voisins, de 10%", a-t-il martelé. Des aides qui seront poursuivies : le président a rappelé que la hausse des prix de l'électricité et du gaz serait limitée à 15% en 2023, tandis que des "aides ciblées" seront destinées aux plus fragiles, comme les étudiants.
Quant aux entreprises, les TPE, tout comme les petites collectivités locales, bénéficieront d'une limitation de 15% de la hausse du coût de l'électricité et du gaz, comme les ménages. Les PME et les TPE "très consommatrices", comme les boulangeries, ainsi que les collectivités locales, bénéficieront d'un "système qui va amortir le choc des prix de l’électricité", pour leur "garantir un prix raisonnable" en cas d'envolée des prix, a-t-il expliqué. Le plan sera détaillé vendredi par le gouvernement. Pour les entreprises intermédiaires et grands groupes, un "guichet d'aide" sera mis en place "dans les prochaines semaines" pour "simplifier les mécanismes" de soutien et augmenter les tickets d'aides, qui pourront monter jusqu'à "plusieurs millions d'euros".
Le chef de l'État s'est toutefois fermement opposé à toute indexation des salaires sur l'inflation. "Si on met toute la chaîne des salaires sur une indexation automatique, on entretient la hausse des prix, on a une boucle prix-salaires et on ne l’arrête plus. (…) Nous détruirions des centaines de milliers et des millions d’emplois", a-t-il argué.
Le président a cependant appelé les chefs d'entreprises qui le peuvent à engager une "négociation sociale" avec leurs salariés, pour "quand les choses vont bien, augmenter les salaires et partager la valeur qui a été créée". Mais "ce n’est pas l’État qui doit le faire", a-t-il insisté. Il est ainsi revenu sur une proposition sur les dividendes des entreprises, actuellement "dans la main des partenaires sociaux" : "quand vous avez une augmentation des dividendes pour les actionnaires, alors l’entreprise doit avoir un mécanisme identique pour les salariés" et sera obligée de l'appliquer, a-t-il ajouté.
L'Hexagone figure parmi les pays européens avec le moins d'heures travaillées tout au long de la vie. Dans ce contexte, la réforme des retraites est une "réforme essentielle si on veut pouvoir continuer à préserver notre modèle social alors même qu’on ne peut plus monter les impôts", n'ayant "plus de marge de manœuvre", a jugé le président. "On devra décaler l’âge légal de départ de quatre mois par an. Il est aujourd'hui à 62 ans, à horizon 2025 ce devra être 63 ans, à l'horizon 2028 cela devrait être 64 ans, à l'horizon 2031 à 65 ans, de manière progressive", a-t-il détaillé.
Emmanuel Macron s'est toutefois dit "ouvert", dans le cadre de concertations avec les partenaires sociaux, au recul de l'âge à 64 ans in fine, si "on allonge les trimestres". Quant au passage de la loi, il ne s'est pas prononcé sur un éventuel recours au 49.3. "Je souhaite que des accords soient trouvés entre la majorité et des formations politiques qui nous permettent d’avoir la majorité, à l’Assemblée et au Sénat", a-t-il avancé, reconnaissant toutefois que fau...
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