Depuis le 4 octobre, le projet d’OPA (offre publique d’achat) de l’État pour détenir 100 % du capital d’EDF circule dans les services de l’Autorité des marchés financiers, en attente de sa validation. D’ici la fin de l’année, l’État devrait récupérer les 15,9 % qu’il ne possède pas, au prix de 12 euros par action pour une enveloppe de 9,7 milliards d’euros. La manœuvre permet aux pouvoirs publics d’esquiver le débat parlementaire. En pleine flambée des prix de l’énergie et face à la perspective d’un hiver chaotique, le gouvernement affiche sa volonté de « nationaliser » l’entreprise afin de gagner en « indépendance ». Mais dans les faits, ce n’est qu’une illusion.
La loi du 8 avril 1946, élaborée par le communiste Marcel Paul, qui avait permis de nationaliser la production de gaz et d’électricité, est aux antipodes de la proposition gouvernementale. Luc Rémont, récemment nommé à la tête de l’entreprise, est d’ailleurs plus connu pour privatiser les entreprises que pour les nationaliser. Les salariés de GDF s...
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