Le jour où le ciel est tombé sur Vaison-la-Romaine

Humanite - 05/10
Le mardi 22 septembre 1992, l’Ouvèze, qui traverse la petite ville touristique du Vaucluse, devient brusquement torrent dévastateur. Une inondation hors normes va ravager la commune et toucher des villages en aval ; le bilan humain et matériel est dramatique. Retour sur cette catastrophe emblématique et sur les mesures nécessaires pour faire face aux crues, premier risque naturel en France aggravé par le dérèglement climatique. Alexis Metzger, géographe, maître de conférences à l’École de la nature et du paysage, Blois, Insa CVL

Commune de 6 000 habitants, entre Drôme et Vaucluse, à quelques encablures du mont Ventoux, Vaison-la-Romaine est bien connue pour son héritage antique. Mais, depuis le 22 septembre 1992, elle est davantage associée à un événement dramatique. Car ce jour-là, il y a trente ans, la petite ville a connu la pire inondation de son histoire. Pourquoi a-t-elle été si dévastatrice ? Et quelles mesures mettre en place face à ces événements extrêmes ?

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La veille, c’est la rive droite du Rhône qui est très touchée par des fortes pluies. Sur la rive gauche, elles sont attendues dans la journée du mardi 22 septembre et vont se manifester dans la matinée. Après une accalmie en milieu de journée, l’Ouvèze, la rivière qui traverse Vaison, remonte, alimentée par les pluies, et vient frôler le haut du pont romain. Des vidéos amateurs montrent la violence de l’eau se déversant par trombes et charriant avec elles troncs d’arbres, voitures, caravanes. Au moment du pic de crue, vers 15 h 40, une piscine olympique aurait pu être remplie en deux secondes par l’Ouvèze, alors à 17 mètres au-dessus de son niveau moyen. Les premières images sont diffusées dans les médias le soir même, alors que le torrent redescend rapidement. On dénombrera en tout 46 morts, dont 34 à Vaison.

Plusieurs causes locales sont à mettre en avant pour comprendre l’étendue du drame. Temps et espace se complètent. Le temps social, tout d’abord. Ce mardi, c’est jour du grand marché à Vaison. Même si les premiers orages ont vu partir à la fois des commerçants et des clients, certains sont restés pour déjeuner. Il y avait donc plus de monde qu’un autre jour. Et, en cette fin septembre, le tourisme d’arrière-saison n’est pas mort, avec notamment des retraités ou des familles sans enfant...
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