En ce matin de mi-septembre, les voitures se succèdent à la pompe à essence de Saint-Félicien, petit village d’Ardèche de 1 200 habitants. Ici, nul logo Total, Agip ou Shell, puisqu’il s’agit d’une station-service municipale.
Sylvie habite Vaudevant, un des neuf villages limitrophes. Elle est aide-soignante à domicile pour une association d’aide à la personne locale et doit faire le plein trois fois par semaine pour son travail. « C’est précieux d’avoir cette station à proximité de chez moi, car tout augmente, sauf les salaires », explique la quinquagénaire. Seuls les six premiers et les six derniers kilomètres de ses trajets sont pris en charge par son employeur, à hauteur de 40 centimes d’euro par kilomètre. Les 25 kilomètres supplémentaires qu’elle fait par jour en moyenne, c’est elle qui les paie !
Pour joindre les deux bouts, elle vient de se faire embaucher à la cantine de Saint-Félicien en plus de ses heures d’aide-soignante. « C’est payer pour travailler », résume en s’étranglant presque Christine Duportail, la première adjointe de la mairie de Saint-Félicien en charge des finances.
André, retraité, vient quant à lui remplir son jerrican d’essence pour son motoculteur. Il sera suivi d’Hervé, le patron d’une ébénisterie qui paie son essence au mois à la mairie. Il est abonné, comme les pompiers, le personnel de l’hôp...
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