Durant l'été, des travaux s'intéressaient au Covid long et montraient que chez les patients qui avaient été infectés par le virus, un sur huit conservait au moins un symptôme durable. Dans un pays comme la France, où une part très importante de la population a été touchée depuis le début de la pandémie, on estime que le Covid long concernerait toujours deux millions de personnes. Sans compter ceux qui sont aujourd'hui encore contaminés (par de nouvelles souches) et développent des symptômes.
Alors que les recherches sur le sujet progressent, une récente étude apporte de nouveaux éclairages sur cette pathologie et dresse un constat très net : les personnes qui souffrent de stress, dépression et autres états d'anxiété présentent un risque 30 à 50% supérieur de développer un Covid long.
L'étude qui fait état de ces conclusions a été dévoilée début septembre dans la revue scientifique JAMA Psychiatry. Plus de 3000 personnes ont été suivies suite à une infection, sur une durée de 19 mois. Les spécialistes de Harvard ont ainsi mis en avant l'influence du stress, d'un état dépressif et des autres formes d'anxiété : il s'agit là de facteurs de risque supplémentaires pour les patients, qui se trouvent plus vulnérables face à la survenue d'un Covid long. "Il devient très important de se pencher sur la santé psychologique, et cela soulève plus largement la question de l'importance d'identifier et de traiter les problèmes de santé mentale", assure l'une des auteures de l'étude.
Les spécialistes, lorsqu'ils ont entamé leurs travaux, ne s'attendaient pas à observer un risque augmenté de 30 à 50% chez les patients souffrant de ces pathologies. "La détresse psychologique était plus fortement associée au développement d'un Covid long que les facteurs de risque pour la santé physique, tels que l'obésité, l'asthme et l'hypertension", soulignent-ils. Dans le même temps, il convient de souligner qu'une bonne santé mentale n'empêche en rien de développer des symptômes durables du Covid, plus de 40% des personnes touchées n'ayant pas d'antécédents.
Les résultats de cette étude, ainsi que d'autres travaux conduits par les scientifiques, font aujourd'hui émerger un lien probable entre le stress et une diminution de l'efficacité du système immunitaire. Cela ouvre dans le même temps des portes pour comprendre d'autres pathologies pour lesquelles des symptômes de long terme se manifestent à l'instar de la maladie de Lyme.
Citée par Science Alert, l'une des chercheuses mobilisées incite à multiplier les dispositifs de prévention. L'étude met selon elle en lumière "la nécessité d'accroître la sensibilisation du public au sujet de l'importance de la santé mentale" et devrait inciter à renforcer "l'offre de cliniciens en santé mentale, tout en améliorant l'accès aux soins".
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