VIDÉO - "On se réchauffe comme on peut" : en Ukraine, l'électricité manque à l'approche de l'hiver

LCI - 21/10
L'armée russe a lancé depuis plusieurs jours une offensive contre les infrastructures civiles en Ukraine. L'objectif : détruire une à une les centrales électriques pour priver les habitants de chauffage et d'eau chaude. Kiev a dû décréter des coupures drastiques alors que dans l'est du pays, le thermomètre affiche déjà six degrés.

L'armée russe a lancé depuis plusieurs jours une offensive contre les infrastructures civiles en Ukraine.
L'objectif : détruire une à une les centrales électriques pour priver les habitants de chauffage et d'eau chaude.
Kiev a dû décréter des coupures drastiques alors que dans l'est du pays, le thermomètre affiche déjà six degrés.

Derrière une façade mouchetée d'impacts, des fenêtres éventrées et quelques stores qui tombent en lambeaux, c'est là que Konstantyn Aliokhyn et Ludmila habitent. Dans cet immeuble en partie dévasté du nord de Kharkiv, dont le sommet est calciné et les abords jonchés de débris, il n'y a plus d'électricité depuis le début de la guerre. C'est à la lueur des lampes torches qu'ils pénètrent chez eux. 

Malgré quelques papiers peints floraux, qui semblent encore préservés, l'humidité ronge presque tous les murs de leur appartement du cinquième étage. "Il y a cette moisissure partout", explique dans le reportage du 20H de TF1 la résidente, en désignant des coulées brunes contre une paroi. "On se réchauffe comme on peut, il faut beaucoup de duvets pour dormir, et plusieurs couches de vêtements", déplore son compagnon, qui n'a pas quitté sa veste une fois rentré chez lui.

Relancer le chauffage et l'électricité, un casse-tête logistique

Les vitres brisées, elles, portent toujours la trace des éclats de roquettes. La température de la quasi-totalité de ces logements est la même qu'à l'extérieur, alors que l'hiver s'annonce déjà. Cela se vérifie aussi chez une voisine de l'immeuble d'en face, où l'électricité a été conservée, mais où le mercure grimpe à six degrés à peine à l'intérieur. Relancer le chauffage central dans ces immeubles d'habitation collective, dont certains affichent une façade presque totalement arrachée, n'est pas une tâche aisée. 

"Il faut réparer toutes les fenêtres d'abord", commente une habitante du quartier. L'eau chaude ne peut y être rétablie sans avoir pu faire inspecter chaque appartement, or certains sont désormais abandonnés. Et encore faut-il, également, que la centrale thermique du quartier soit remise en service. "Pour chauffer l'eau, il faut que l'on soit alimenté en électricité bien sûr. S'il y a des coupures, on compte sur nos groupes électrogènes, mais pour les faire tourner, il faudra de l'essence", constate Oleksi Mikhaïlov, salarié d'une société de chauffage urbain.

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Quant aux lignes, toutes celles qui ont été coupées dans le pays devront être réparées. Mais le chantier s'annonce titanesque : près d'un tiers de la production d'électricité du pays a été affectée par les frappes sur les centrales, au point que le rationnement est dorénavant envisagé. Ceux qui disposent encore du courant vont devoir restreindre leur consommation. Pas plus tard qu'au début de la semaine, les infrastructures énergétiques ont été durement touchées par des attaques de drones. 

C'est à l'échelle nationale que les Ukrainiens vont désormais devoir faire face à des pénuries d'électricité, à quelques semaines seulement du retour des premiers grands froids.

M.L | Reportage TF1 Michel Scott, Pauline Lormant et Gabriel Haurillon

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