Les derniers jours n'ont pas été de tout repos pour le gouvernement, et ceux à venir pourraient être pires. L'exécutif débute ce lundi 17 octobre une semaine chargée sur le plan politique et social, qui pourrait lui faire gagner quelques points s'il la négocie bien, ou au contraire en perdre beaucoup auprès des Français. Voilà pourquoi en trois points.
Voilà plus de deux semaines que le gouvernement promet que la situation dans les stations-services va s'améliorer, mais que ces propos ne sont pas suivis d'effets. Quand dimanche 9 octobre, 29,7% des stations-services connaissaient des difficultés sur un produit au moins, elles étaient 30,1% ce dimanche 16 octobre. Alors que les vacances de la Toussaint approchent et que l'exécutif a donné cette deadline pour le rétablissement de la situation, il a intérêt à tout faire pour qu'une amélioration soit constatée par les Français à la fin de la semaine.
Pour y parvenir, le gouvernement a lancé de nouvelles réquisitions sur deux dépôts de carburant pour alimenter les stations-service face à la grève qui se poursuit chez TotalEnergies. Et le président de la République a réclamé ce lundi une solution "le plus vite possible" pour "régler" la crise des carburants et a réuni dans l'après-midi à l'Élysée la Première ministre Elisabeth Borne et les membres du gouvernement concernés.
Aussi, alors que les approvisionnements sont perturbés par le mouvement social dans le secteur pétrolier, les prix ne cessent d'augmenter à la pompe. C'est pourquoi dimanche soir sur TF1, la cheffe du gouvernement Elisabeth Borne a confirmé "que la remise sur les carburants (30 centimes par litre, à la pompe, ndlr) va être prolongée jusqu'à mi-novembre. J'ai également eu le patron de Total au téléphone, qui va prolonger sa ristourne" de 20 centimes. De quoi faire patienter les consommateurs.
Deux jours après la marche "contre la vie chère et l'inaction climatique" des partis de gauche, la CGT et FO notamment, appellent les salariés de tous les secteurs à faire grève et manifester mardi pour les salaires et contre les réquisitions dans les raffineries et dépôts de carburants. Les syndicats ont réussi à étendre leur appel à de nombreux secteurs, les transports, le nucléaire ou encore les écoles.
Responsables syndicaux et gouvernement seront particulièrement attentifs au nombre de grévistes et aux éventuels appels à la grève reconductible qu'ils pourraient décider, par exemple dans le secteur ferroviaire. En effet, les cheminots peuvent escompter que l'approche des vacances scolaires de la Toussaint incite la direction de la SNCF à négocier. Et bien sûr, les grèves devraient être reconduites dans les raffineries et dépôts de carburant malgré les réquisitions, qui selon le leader de la CGT Philippe Martinez mettent "le feu aux poudres".
"On sera sans doute amené à recourir au 49.3", a avoué la Première ministre Elisabeth Borne dimanche soir sur TF1. Une semaine après le début de l'examen du projet de budget 2023 et après une série de revers - des amendements adoptés contre l'avis du gouvernement - l'exécutif s'apprête à dégainer l'arme constitutionnelle qui lui permettra de faire adopter le texte sans le voter. Il s'attirera alors les foudres de l'opposition, qui l'accuse déjà de passer outre la représentation nationale.
"Ils font débattre la représentation nationale pour rien et ne retiendront pas les amendements votés. Ils n'ont donc que du mépris pour les Français et pour la démocratie", s'e...
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