De la biscotte à la madeleine, les secrets d'écriture de Proust exposés

Jean-Marc Proust - Slate FR - 16/10
La BNF accueille une exposition dédiée à la fabrique de l'œuvre de l'écrivain. Une plongée exceptionnelle et méticuleuse dans les strates de son incessante réécriture.

«À l'époque de cette matinée dont je voudrais fixer le souvenir, j'étais déjà malade; j'étais obligé de passer toute la nuit levé et n'étais couché que le jour. Mais alors le temps n'était pas très lointain et j'espérais encore qu'il pourrait revenir où je me couchais tous les soirs de bonne heure et, avec quelques réveils plus ou moins longs, dormais jusqu'au matin.»

Ça ne vous dit rien? C'est pourtant ainsi qu'aurait pu commencer À la recherche du temps perdu. Car, avant d'opter pour le célèbre incipit, «Longtemps, je me suis couché de bonne heure», qui ouvre son premier volume, Du côté de chez Swann, Proust a hésité. Comme le montre une petite animation visuelle dans l'exposition proposée par la BNF, «Marcel Proust, La fabrique de l'œuvre», le premier placard d'imprimerie s'orne de corrections. Une des plus célèbres phrases de la littérature aurait pu n'être jamais imprimée. Proust l'a réécrite dans la marge. Ouf!

«A l'époque de cette matinée dont je voudrais fixer le souvenir, j'étais déjà malade; j'étais obligé de passer toute la nuit levé et n'étais couché que le jour. Mais alors le temps n'était pas très lointain et j'espérais encore qu'il pourrait revenir où je me couchais tous les soirs de Longtemps je me suis couché de bonne heure et, avec quelques réveils plus ou moins longs, dormais jusqu'au matin.»

Premières épreuves corrigées de Du côté de chez Swann - «Combray» - «Un amour de Swann» (placard 29), imprimerie Colin, Maye...
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