Karin Keller-Sutter: «Les Romands ont plus de culture et de savoir-vivre»

Blick - 15/10
En visite en terres Romande, la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter s'est rendue dans les locaux de Blick à Lausanne pour nous confier les élans et les doux souvenirs sa propre jeunesse à Neuchâtel… et des défis qui se posent à la jeunesse d’aujourd’hui. Interview.
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La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, connue sous le diminutif de KKS, nous explique pourquoi elle nous aime, nous, les Romands.

Elle arrive en avance. Karin Keller-Sutter, conseillère fédérale à la tête du Département de justice et police (DFJP), connaît déjà nos confrères alémaniques à la grande maison mère de Blick, à Zurich. Mardi après-midi, elle est venue visiter nos (plus) modestes (mais très chaleureux) locaux nichés au pied du Pont Bessières, à Lausanne, souhaitant découvrir le cousin Romand.

J’ai droit à un rencard de trente minutes avec l’une des sept sages. Ma «première», à 24 ans. J’ai beaucoup de curiosité, mais c’est elle qui commence: «Vous êtes d’origine russe, vous parlez le russe?» J’avoue être presque un peu désemparée par sa sympathie, si ordinaire. «Vous vivez ça comment?», sous-entendant la guerre, comme si personne n’avait vraiment envie de prononcer le mot. «Difficilement, pour être honnête. J’ai encore de la famille là-bas…»

Aujourd’hui, ce n’est pourtant ni de géopolitique, ni même de politique migratoire qu’est venue nous parler Madame la conseillère fédérale. Mais plutôt de l’énergie et des convictions qui l’ont amenée à devoir gérer les crises, à la tête d’un pays. Ce n’est pas un secret pour quiconque connaît un peu nos ministres à Berne: jeune, Karin Keller-Sutter a vécu de l’autre côté du Röstigraben. Et elle apprécie toujours d'y retourner.

Elle nous explique pourquoi elle nous aime, nous les Romands, pourquoi elle comprend les jeunes d’aujourd’hui qui descendent dans la rue et ce qu’elle a fait de sa jeunesse dans nos contrées. Trois micros sur la table. C’est parti.

Madame la Conseillère fédérale, vous êtes originaire du canton de Saint-Gall, mais votre amour pour la Suisse romande est de notoriété publique. Qu’avons-nous que les Suisses allemands n’ont pas?En dehors de la langue, quand même une autre mentalité. Mon mari - avec qui je suis mariée depuis 33 ans - trouve que je suis une autre personne quand je parle français. Il dit que je suis plus… ouverte. Mais c’est peut-être parce qu’il ne comprend pas tout ce que je dis (rires).

Est-ce votre famille qui vous a encouragée à venir apprendre le français chez nous?Oui! Mon grand-père maternel était paysan. En 1947, ma mère est partie à Lausanne pour y devenir fille au pair. A l’époque, c’était comme faire un stage aux Etats-Unis ou en Angleterre pour apprendre la langue, si l’on compare à la ...
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