EDITORIAL. Pénurie de carburant : « La fin ne justifie pas les moyens »

Ouest France - 15/10
« La vie sociale et économique du pays se trouve dangereusement fragilisée au moment même où il faudrait faire preuve de solidarité envers les plus vulnérables. » Par Jeanne Emmanuelle Hutin, Directrice de la recherche éditoriale de Ouest-France.

Alors que l’hiver s’annonce difficile, la grève bloquant des raffineries rend la vie des Français plus difficile encore.

Dans les départements touchés, on fait la queue pendant des heures pour de l’essence. Quand il n’y en a plus, certains ne peuvent plus travailler. Les plus modestes qui habitent souvent loin de leur travail encaissent le choc. Si la situation ne revenait pas à la normale les plus vulnérables en payeraient le prix fort.

Car dans ces départements, des soignants ne peuvent plus se rendre au chevet de malades. Des aides-à-domicile ne peuvent plus visiter des personnes âgées en milieu rural. Or, elles sont parfois leur seule aide pour se lever, se nourrir. Des élèves n’ont pu aller à l’école faute de transports scolaires dans l’Essonne. Des agriculteurs n’ont pu réaliser tous leurs semis. Des artisans, des petites entreprises, des autoentrepreneurs déjà affectés par l’inflation craignent de mettre la clé sous la porte.

La vie sociale et économique du pays se trouve dangereusement fragilisée au moment même où il faudrait faire preuve de solidarité envers les plus vulnérables. Et de dynamisme pour empêcher autant que faire se peut les faillites d’entreprises qui peinent à sortir de la pandémie et doivent faire face...
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