Toujours le même constat accablant, effrayant… Depuis 50 ans, la perte de la faune sauvage s'évalue à plus des deux-tiers. À l'approche de la prochaine COP15 sur la biodiversité, le WWF exhorte les gouvernements, avec son nouveau rapport, à intensifier les efforts de conservation et de restauration et plaide pour une décarbonation rapide de tous les secteurs économiques tant il est avéré que le changement climatique dû aux activités anthropiques est déjà la plus grande menace pour la biodiversité.

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[EN VIDÉO] Interview : la biodiversité, tissu vivant de la planète Pour la majorité d’entre nous, la biodiversité est souvent représentée par des espèces remarquables ou emblématiques comme l’ours, le tigre ou l’aigle. En fait, ce concept englobe la diversité des gènes, des espèces et des écosystèmes ainsi que leurs interactions. Xavier Le Roux, directeur de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, a répondu à quelques-unes de nos questions concernant ce fragile écosystème.

Entre 1970 et 2018, 69 % en moyenne des populations de cette faunefaune sauvage -- poissonspoissons, oiseaux, mammifèresmammifères, amphibiens et reptilesreptiles -- a disparu, selon l'Indice Planète vivante, outil de référence publié tous les deux ans par le WWFWWF. La destruction des habitats naturels, en particulier pour développer l'agricultureagriculture, reste la cause principale, selon le rapport, suivi par la surexploitation et le braconnage.

Le changement climatiquechangement climatique est le troisième facteur, mais son rôle « augmente très, très vite », met en garde Marco Lambertini, directeur général du WWF. Suivent la pollution de l'airair, de l'eau et du sol, ainsi que la dissémination par l'Homme des espèces invasives.

Ce rapport est une « alerte rouge pour la Planète et donc pour l'humanité, a lancé M. Lambertini lors d'une conférence de presse internationale en ligne, à un moment où nous commençons à comprendre réellement que des écosystèmesécosystèmes durables, une biodiversitébiodiversité riche et un climatclimat stable sont nécessaires pour garantir un futur prospère, plus équitable et plus sûr pour nous, et particulièrement pour nos enfants et leurs enfants à leur tour ». 

L'indice des planètes vivantes (calculé avec la Société zoologique de Londres) suit les populations de mammifères, d'oiseaux, de poissons, de reptiles et d'amphibiens, et relève une diminution moyenne de 68 % des populations d'espèces sauvages surveillées depuis 1970. L'IPV 2022 a analysé près de 32.000 populations d'espèces. Il fournit la mesure la plus complète de la façon dont ils réagissent aux pressions dans leur environnement.

Gorilles, tortues luth, requins, coraux… Les icônes de la biodiversité se meurent

À l'approche du sommet international de la COP15 Biodiversité, en décembre à Montréal, « le WWF appelle les gouvernements à se saisir de cette ultime opportunité en adoptant un accord mondial ambitieux pour sauver les espèces sauvages », similaire à l'Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique.

Pour « inverser la courbe de la perte de biodiversité » et « atténuer le changement climatique », le rapport plaide pour l'intensification des efforts de conservation et de restauration, la production et la consommation d'aliments plus durables et la décarbonation rapide de tous les secteurs économiques. Les chiffres sont « vraiment effrayants » pour l'Amérique latine, a déclaré Mark WrightWright, directeur scientifique du WWF, avec 94 % de disparition en moyenne dans cette région « réputée pour sa biodiversité » et « décisive pour la régulation du climat ».

L'Europe a vu sa population d'animaux sauvages diminuer de 18 % en moyenne. « Mais cela masque des pertes historiques très extrêmes de biodiversité », avant la période d'analyse, a déclaré Andrew Terry, directeur de la conservation à Société zoologique de Londres, partenaire du WWF pour établir l'indice.

“Un message de « catastrophe omniprésente » peut conduire « au désespoir, au déni et à l'inaction »”

En Afrique, l'indice évalue la perte à 66 % en moyenne. « Un exemple flagrant...
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