Candidat à la présidentielle au printemps dernier, Jean Lassalle a abandonné son siège de député des Pyrénées-Atlantiques lors des législatives qui ont suivi. Désormais à la tête du mouvement "Résistons", dont il est le fondateur, il a donné ces derniers jours une interview dont certains extraits sont très largement repris sur les réseaux sociaux. Il pointe notamment du doigt les vaccins contre le Covid, qu'il juge responsables de plusieurs opérations du cœur qu'il a eu à subir depuis le début de l'année.
Dans le même temps, l'ancien élu assure qu'Emmanuel Macron a menti aux Français, en ne se faisant en réalité pas vacciner. Pas plus, continue-t-il, qu'une bonne partie de ses ministres et des députés à l'Assemblée nationale. Des propos qui ont été relayés et salués par des militants hostiles à la vaccination, très mobilisés sur les réseaux sociaux. Ces déclarations, qui ne sont étayées d'aucun élément de preuve, confirment un virage entamé depuis plusieurs années déjà par Jean Lassalle. Il a en effet multiplié les prises de positions aux accents conspirationnistes.
Jean Lassalle explique avoir subi 4 opérations depuis janvier et met en cause un vaccin qui a failli le tuer, lui ayant "déforme le cœur". Alors que les maladies cardiovasculaires sont malheureusement très communes en France (il s'agit de la deuxième cause de mortalité après les cancers), l'ex-élu assure sans l'ombre d'un doute que ses problèmes de santé sont imputables à sa vaccination. S'il est impossible de lui donner tort sans avoir accès à son dossier médical, notons que lors de l'entretien, il ne fournit aucun élément permettant de justifier le rôle du vaccin. Par ailleurs, il faut souligner que les très rares problèmes cardiaques observés par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) suite à des vaccinations sont des myocardites et péricardites : il s'agit ici d'inflammations et pas de "déformations" du cœur. Or, Jean Lassalle évoque bien une "déformation".
Le passage relatif à la vaccination d'Emmanuel Macron ou de ses ministres est tout aussi flou : le président de Résistons n'étaye d'aucune preuve ses accusations et laisse simplement planer l'idée selon laquelle le pouvoir politique aurait largement menti aux Français en prônant une vaccination qu'il refusait très largement. Dans le même temps, Jean Lassalle tient des propos confus : il assure ainsi qu'on lui a injecté le vaccin Janssen, mais évoque des "vaccins que vous ne maîtrisez pas, qu'on envoie dans le génome", laissant entendre qu'il s'agit de technologies mal maîtrisées. Problème : le vaccin Janssen n'est pas similaire à celui de Pfizer ou Moderna, et n'utilise pas la technologie ARNm. Il est dit "à vecteur viral", une technologie connue et éprouvée dont l'ANSM explique qu'elle n'entraîne aucune modification du génome des cellules et ne forme pas de cellules génétiquement modifiées.
L'interview, dont seule la première partie a pour l'heure été mise en ligne, est disponible sur la chaîne YouTube "NTD Français". Il s'agit de la déclinaison française de la chaîne NTD, basée aux États-Unis et qui se présentait à ses débuts comme un média traitant essentiellement de l'actualité chinoise, n'hésitant pas à se pencher sur des thématiques faisant l'objet d'une censure par les autorités de Pékin. La ligne éditoriale a pourtant évolué avec le temps, si bien que le Parisien, qui a réalisé une enquête sur cette structure, rapporte que NTD s'est imposé en France "en publiant des contenus destinés aux anti-vaccins, aux covidosceptiques et à l’extrême droite complotiste". La chaîne YouTube francophone, qui héberge l'entretien avec Jean Lassalle, compte en cette mi-octobre un peu plus de 200.000 abonnés. Parmi ...
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