Réforme de la police judiciaire : des opérations reportées dans plusieurs villes en signe de protestation

LCI - 10/10
[VIDÉO] - Des opérations de surveillance, des interpellations, des perquisitions, etc, ont été annulées. Les policiers protestent contre la réforme de la police judiciaire, portée par Gérald Darmanin. Le mouvement, "reconductible", devrait durer "toute la semaine".

Des opérations de surveillance, des interpellations, des perquisitions, etc, ont été annulées.
Les policiers protestent contre la réforme de la police judiciaire, portée par Gérald Darmanin.
Le mouvement, "reconductible", devrait durer "toute la semaine".

Une réforme qui passe mal. Plusieurs enquêteurs PJ de la zone sud, dont le patron Eric Arella a été évincé vendredi, mais aussi des collègues d'autres directions dont Bordeaux et Limoges, ont reporté, ce lundi 10 octobre, des opérations pour protester contre la réforme de la police judiciaire, a appris l'Agence France-Presse auprès de sources policières.

"La soudaineté et la violence du débarquement d'Eric Arella a provoqué chez tous les collègues un profond désarroi, un impact psychologique important, et ils ne sont pas trop enclins à entrer dans des opérations qui nécessitent concentration et disponibilité", a ainsi expliqué à l'AFP un cadre de la police judiciaire de la zone sud, vaste région couvrant 21 départements de Perpignan à Nice en passant par Marseille et la Corse.

En conséquence, "un certain nombre d'opérations ont été annulées ou reportées", mais les enquêtes se poursuivent ainsi que les permanences et le suivi des 'flags' (NDLR: enquêtes de flagrance). "On a conscience que nos actions doivent se faire dans le cadre de notre devoir de réserve. Mais on pense aussi qu'on a le droit et le devoir, en tant que citoyens, de faire connaître notre opinion", a-t-il ajouté.

À Bordeaux et Limoges, des "opérations de surveillance, des interpellations, des perquisitions et des auditions" prévues cette semaine ont également été reportées. Seuls seront assurés "les urgences et le service d'astreinte", a indiqué l'Association nationale de la police judiciaire (ANPJ). 

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Selon une source au sein de la police judiciaire de Marseille, des reports d'opérations, en accord avec les magistrats, auraient également été constatés à Angers, Toulouse, Rennes, Caen, Nantes, Brest ou Perpignan. Le mouvement, "reconductible", devrait durer "toute la semaine", selon un enquêteur membre de l'ANPJ, créée en août contre la réforme.

Tensions autour du limogeage du patron de la PJ sud

La contestation autour de la réforme de la PJ était montée d'un cran vendredi avec le limogeage d'Eric Arella, patron respecté de la PJ en zone sud, suscitant l'indignation chez les policiers et dans le monde judiciaire. En signe de protestation, des centaines d'enquêteurs s'étaient rassemblés devant leurs services le jour même, dans plus de 40 villes.

Police : malaise à la PJ de MarseilleSource : JT 20h WE

Le ministre de l'Intérieur s'est adressé lundi matin à l'ensemble des fonctionnaires de la PJ, dans un courrier dont l'AFP a eu connaissance. Il assure que la réforme ne sera pas finalisée "avant le second semestre 2023". Jusqu'ici, le ministre parlait d'une mise en place "courant 2023". La réforme prévoit de placer tous les services de police à l'échelle du département -renseignement, sécurité publique, police aux frontières et PJ - sous l'autorité d'un seul Directeur départemental de la police nationale (DDPN), dépendant du préfet.

La crainte d'un "nivellement vers le bas"

Les opposants au projet dénoncent le risque d'un "nivellement vers le bas" de la PJ et un renforcement du poids du préfet dans les enquêtes. Ils déplorent également la réduction à l'échelle départementale de la zone d'intervention.

"Georges Clémenceau a créé au début du XXe siècle l'ancêtre de la PJ, les brigades régionales de police mo...
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