Procès de l'attentat de Nice : François Molins reconnaît "des difficultés" sur les autopsies des corps

LCI - 10/10
[VIDÉO] - François Molins, procureur général près la Cour de cassation, était cité ce lundi comme témoin dans le procès de l'attentat de Nice. Le 14 juillet 2016, il était procureur de la République de Paris, chargé des affaires de terrorisme. Il a été longuement interrogé sur les autopsies pratiquées sur certaines victimes.

François Molins, procureur général près la Cour de cassation, était cité ce lundi comme témoin dans le procès de l'attentat de Nice.
Le 14 juillet 2016, il était procureur de la République de Paris, chargé des affaires de terrorisme.
Il a été longuement interrogé sur les autopsies pratiquées sur certaines victimes.

C'est l'un des plus hauts magistrats de France qui est venu témoigner ce lundi au procès de l'attentat de Nice. Vers 9h45, costume sombre, cravate, chemise bleue, François Molins, procureur général près la Cour de cassation, s'est avancé à la barre. Celui qui était, en 2016, procureur de la République de Paris, chargé des affaires de terrorisme au niveau national, était particulièrement attendu par les parties civiles et les robes noires qui les représentent. 

Me Le Roy, avocate de plusieurs familles de victimes, l'a fait citer comme témoin, pour évoquer notamment la question des autopsies et les prélèvements d'organes sur les victimes, le tout, sans que les familles en soient averties. Sur les 84 corps, 14 ont été autopsiés dont quatre enfants et 173 organes ont été prélevés. François Molins a rappelé à la barre que trois critères avaient été retenus pour décider de la pratique d'une autopsie : la suspicion de blessure par balle, la prise en charge médicale, ou le doute sur les causes de la mort. "Des difficultés sont apparues, je le sais", a admis le procureur. 

"On découvre la situation quelques jours plus tard"

Lors d'une audience, mi-septembre, Me Virgine Le Roy avait longuement interrogé le professeur Quatrehomme, directeur de l'institut médico-légal de Nice, au sujet de ces autopsies. Des examens qui, pour certains, n'ont pas respecté les critères, selon l'avocate. "Pourquoi des organes sains ont-ils été prélevés ? Pourquoi avoir prélevé un bloc utérin à une victime ? Pourquoi avoir prélevé l’utérus et les ovaires d'une enfant de six ans ?", avait-elle demandé au spécialiste. Ce dernier avait répondu que le protocole avait été le même pour toutes les victimes, enfants ou adultes, sans spécificité aucune.

"À Paris, on ne prend qu'un échantillon, pas tous les viscères. À Nice, aucun magistrat n'assiste aux autopsies. On découvre la situation quelques jours plus tard", a confié ce lundi François Molins devant la cour d'assises, précisant ainsi n'avoir appris que tardivement que les organes des corps autopsiés avaient été prélevés dans leur intégralité. "C'était trop tard, le mal était fait" a-t-il regretté. "Mon sentiment, c'est que le prélèvement de l'intégralité des viscères n’était pas indispensable", a estimé le magistrat. "Si c'était à refaire, il n'y aurait pas eu de prélèvements systématiques", a-t-il insisté. 

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"Je sais bien que tout n'a pas été parfait"

Me le Roy a également abordé la question de la communication alors que les familles n'ont appris, que bien après 2016, que des organes avaient été prélevés sur leurs proches. "Certaines ont appris à l'audience que leur proche avait eu des organes prélevés, ce qui a été très douloureux pour elles. Je souhaiterais que les démarches pour procéder aux inhumations pour restituer les organes soient facilitées. Je souhaiterais que le parquet prenne attache avec chaque famille qui souhaite récupérer les prélèvements avec un accompagnement", a insisté l'avocate.

"On a fait porter notre vigilance sur certains points, elle a été plus lâche sur d'autres. Les prélèvements, personne ne savait, on l'a appris après", a répété le magistrat. "Il faut aujourd'hui des requêtes en restitution. Et je ne vois pas d'autres solutions que de faire des analyses ADN pour restituer ces organes aux familles". Ces quelques mots ont entraîné les applaudissements dans la salle. "Pas de manifestation", a rappelé le président Laurent Raviot pour faire c...
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