ARN messager : faire du corps une usine à médicaments - Sciences et Avenir

Hugo Jalinière - Sciences Et Avenir - 10/10
L'ARN messager, bientôt le médicament à tout faire ? Les explications de Sciences et Avenir.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°908, daté octobre 2022.

L'ARN messager, bientôt le médicament à tout faire ? En deux ans, la technique utilisée pour mettre au point en urgence les principaux vaccins contre le Covid-19 en Occident (BioNTech et Moderna) est passée du statut d'axe de recherche marginalisé pendant quarante ans à celui de thérapeutique d'avenir. Cancers, maladies cardiaques, mucoviscidose, allergies, sclérose en plaques et autres maladies auto-immunes… Sans parler des virus toujours en attente d'un vaccin : VIH, Zika, Ebola, etc. Dorénavant, dans tous les cas où l'apport de protéines pourrait réduire les symptômes voire guérir des patients, on pensera à l'ARN messager.

Les cellules, des fabriques à protéines

Ces fameux brins de code génétique permettent de faire produire aux cellules n'importe quelle protéine, à la demande, avec une technologie peu coûteuse. Or les protéines servent à tout, tout le temps, partout dans l'organisme. Loin du langage courant qui les cantonne parfois au registre nutritionnel (animales, végétales), ces grandes molécules sont des chevilles ouvrières de la complexe biochimie du corps. Chacune de nos cellules est une fabrique à protéines : certaines assurent l'organisation spatiale des tissus (le collagène pour la peau, notamment), d'autres la communication entre les différentes cellules, d'autres encore servent de récepteurs hormonaux, d'anticorps, de transporteurs...
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