Kinésithérapeutes, infirmiers libéraux, ambulanciers... Les professionnels de santé sont nombreux à subir les situations de manque de carburants de certaines stations-service, liées à un mouvement social qui bloque trois des six raffineries françaises. Au point que certains sont obligés de refuser des patients qui habitent trop loin.
Je ne sais pas comment je vais pouvoir finir ma journée
Zaya, infirmière libérale
C'est le choix qu'a dû faire Zaya, infirmière libérale dans le Nord, qui témoigne dans le reportage TF1 en tête de cet article. "Là, il me reste la moitié d'un plein, je ne sais pas comment je vais pouvoir finir ma journée", angoisse-t-elle. La professionnelle de santé n'est pas la seule. Interrogé sur Franceinfo, le président du Syndicat national des infirmières et des infirmiers libéraux, John Pinte, a expliqué que "des infirmiers n'ont pas pu aller travailler" faute de carburants.
La recherche de stations-service avec de l'essence disponible, désorganise par ailleurs les emplois du temps. Face à une ou deux heures d'attente, médecins et infirmiers libéraux sont obligés de choisir des patients et des soins. "On ne va pas pouvoir assurer tous les soins" dans les Hauts-de-France, s'est encore inquiété John Pinte.
Pourtant, cette région, particulièrement impactée par les manques, avec 30% des stations-service en rupture de carburants, est concernée par certaines mesures pour faire face à la situation. Un accès prioritaire pour certains publics, avec des créneaux définis dans des stations-essence spécifiques, a ainsi été mis en place. Les professionnels de santé munis d’une carte professionnelle ou d’une attestation de leur employeur, ou encore les ambulanciers, sont concernés.
Mais face à une situation qui se dégrade un peu partout sur le territoire, certains syndicats demandent que cette disposition soit généralisée. C'est en tout cas la mesure que porte la Fédération Nationale des Infirmiers, qui assure continuer "de peser en ce sens sur le ministère". "Seuls l'accès prioritaire et/ou l'accès réservé (réquisition de stations pour les soignants) permettra aux IDEL (infirmiers libéraux, ndlr) de maintenir leur activité", assure encore le syndicat. De même, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, le syndicat Sud santé a interpellé l'ARS et le préfet de la région dans une lettre, appelant à ce que l'accès à la pompe soit réservé en priorité aux soignants des Bouches-du-Rhône.
Ces accès prioritaires ne sont pas sans générer des tensions. Le Parisien rapporte ainsi que samedi 8 octobre, en fin de matinée, un homme a menacé le pompiste d’une station de Deuil-la-Barre (Val-d'Oise) avec un marteau, parce que ce dernier avait laissé passer une infirmière. L’automobiliste a été interpellé et placé en garde à vue.
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