"Il ne faudrait pas une autre pandémie" : alors que la grippe a été éclipsée par l'épidémie de Covid-19 ces deux dernières années, elle pourrait revenir en force cet hiver, a mis en garde le ministre de la Santé François Braun dans un interview donné dimanche 2 octobre à Ouest-France. Depuis quelques jours déjà, plusieurs infectiologues craignent que les contaminations flambent dans les mois à venir, tandis qu'en parallèle, les cas de Covid-19 repartent déjà à la hausse.
La maladie, qui touche en moyenne deux à six millions de personnes en France chaque année, avait exceptionnellement peu circulé pendant la crise sanitaire, confirme auprès de TF1info Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale de l'université de Genève. Si le spécialiste appelle notamment au retour des gestes barrières, il estime toutefois que l'épidémie de grippe ne risque pas d'être particulièrement sévère cet hiver, tout en invitant les personnes les plus à risques à se faire vacciner à l'occasion de la campagne couplée à celle contre le Covid-19 qui débute le 18 octobre.
Après deux années d'épidémie de Covid-19, qui ont passé les cas de grippe au second plan, l'hiver à venir pourrait-il être marqué par une recrudescence de ces contaminations ?
Pendant la pandémie, les crises épidémiques de grippe ne se sont pas produites sous nos latitudes, alors qu'elles sont habituelles à chaque saison froide. Cela est très probablement dû à l'efficacité des gestes barrières. Face au Covid-19, très contagieux, en particulier pour Omicron et ses sous-variants, ils n'ont généralement pas pu empêcher les vagues de survenir. Mais dans le cas de la grippe, le taux de reproduction du virus est moins élevée, et ils se sont ainsi révélés performants, associés à la vaccination. C'est l'hypothèse qui prévaut pour expliquer l'absence de vagues épidémiques fortes de grippe.
Or désormais, tous les gestes barrières ont été levés en France. Il devrait donc y avoir une épidémie de grippe cet hiver en métropole (l'Outre-Mer étant peu concerné par la grippe hivernale). Mais il n'y a pas non plus de raison de redouter que cette épidémie de grippe soit particulièrement plus forte cette fois-ci que les autres années. Elle pourrait être même à nouveau freinée si l'on réinstaure les gestes barrières, surtout le port du masque obligatoire dans les transports et les lieux clos et une meilleure ventilation ou purification de l'air.
"Cela se manifestera peut-être par une épidémie d'une plus grande ampleur, mais pas forcément d'une plus grande sévérité."
Antoine Flahault, épidémiologiste
Certains spécialistes craignent tout de même que notre réponse immunitaire soit dorénavant plus faible, puisqu'il n'y a pas eu d'épidémie de grippe pendant deux ans...
Il est possible que la population soit plus vulnérable face au virus, mais ce n'est pas certain. Cela se manifestera peut-être par une épidémie d'une plus grande ampleur, mais pas forcément d'une plus grande sévérité. Mais il est vrai qu'il y a une relation entre cette ampleur et le nombre de décès, puisque ceux-ci concernent en général un cas pour 1000 dans le cas de la grippe : si l'épidémie devait être plus large, elle pourrait entraîner une mortalité plus élevée et une petite tension hospitalière au moment du pic.
La situation épidémique de l'Australie, où les taux de contamination à la grippe ont flambé dernièrement et dépassé ceux des dernières vagues les plus fortes ces dernières années, est-elle de mauvais augure pour l'Europe ?
En Australie comme dans d'autres régions de l'hémisphère sud, l'épidémie était due au virus H3N2, un variant connu d...
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