IBK réélu, rien ne change. Pire, l’insécurité malienne se développe chez les voisins burkinabé et nigérien, où les filiales d’Aqmi et de l’État islamique tissent leur toile d’araignée. L’hydre djihadiste s’étend aussi vers le sud de ces pays et menace les pays du golfe de Guinée comme le Bénin et la Côte d’Ivoire, touchés par des attaques et des enlèvements. En quelques années, la situation est devenue hors de contrôle.
Jusqu’en 2011, les rébellions touarègues successives n’avaient pas rejoint la mouvance terroriste. Elles se dénouent à la faveur d’accords de paix, souvent sous l’égide de l’Algérie, qui leur permettent d’obtenir des postes dans l’administration et la vie politique. La progression d’Aqmi a marginalisé et fragmenté la rébellion touarègue, amenée à trouver des alliances avec les groupes terroristes, notamment pour le contrôle de l’économie grise. Les États malien et burkinabé, dont les armées ont été déstructurées, peinent à réorganiser leur système de sécurité pour y faire face. Le Niger doit endiguer les attaques de Boko Haram au sud et celles d’Aqmi et de l’État islamique au nord-ouest. Cette fragmentation croissante des groupes armés, conséquence des logiques individualistes et de la tentative des Occidentaux de diviser la menace, complique les négociations politiques pour la pacification de la zone.
Une partie de la jeunesse épouse dorénavant l’idéologie djihadiste, souvent plus par opportunisme (salaire, statut social, possibilité de se marier) que par profonde conviction religieuse, même si Aqmi n’hésite pas à réactiver l’histoire du djihad toucouleur ou peul dans la région. La présence de camps de réfugiés est un nouvel espace de recrutement pour les terroristes. Le recours à des milices communautaires, substituts des armées locales, pour enrayer la menace ne fait qu’aggraver les choses, celles-ci ne se comportant guère mieux que les terroristes. Les têtes pensantes djihadistes exploitent les failles communautaires et tentent de les fédérer dans le combat contre les autorités.
Du Quai d...
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