Libye : « La seule compétition acceptable doit être démocratique »

Hassina Mechaï - LePoint - 11/03
ENTRETIEN. Alors que s’ouvre une transition historique et fragile, Fathi Bachagha, ministre du GNA, dresse le bilan et les perspectives pour le pays.

Il vient d'échapper à un attentat. Son convoi officiel a en effet été visé par une attaque par balle fin février près de Tripoli. Fathi Bachagha, puissant ministre du Gouvernement d'union nationale (GNA), en est sorti indemne. Issu de la ville de Misrata, tout à la fois ville clé, point nodal et théâtre de la révolution libyenne, Fathi Bachagha avait été désigné en 2018 ministre de l'Intérieur. D'autres ambitions pointent désormais chez cet homme de 58 ans dont on dit qu'il est l'homme fort de l'Ouest libyen, et qui semble avoir gardé de sa formation de pilote de l'armée de l'air une attitude impavide et courtoise. Lors du dialogue interlibyen en février sous les auspices de l'ONU en Suisse, c'est pourtant Abdel Hamid Dbeibah qui a été désigné par 75 responsables libyens pour organiser la transition dans le pays en vue d'élections « nationales » devant se tenir le 24 décembre prochain. Outre le Premier ministre par intérim, un Conseil présidentiel transitoire de trois membres a été désigné afin d'assurer la transition dans l'attente d'élections annoncées.

La liste d'Abdel Hamid Dbeibah faisait figure d'outsider par rapport à celle du président du Parlement Aguila Saleh, allié à Fathi Bachagha. Désormais s'ouvrent neuf mois de transition en vue des élections de décembre. « Un long chemin » à parcourir selon les mots du communiqué conjoint de l'Allemagne, l'Italie, la France, les États-Unis et le Royaume-Uni, qui ont salué le résultat de cette réunion genevoise. D'ici décembre, il faudra qu'un processus de réconciliation nationale soit suffisamment solide pour permettre ces élections....
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