Les gazoducs Nord Stream victimes de la guerre sous-marine - Sciences et Avenir

Sara de Lacerda - Sciences Et Avenir - 04/10
La presse allemande analyse les explosions sur les gazoducs Nord Stream en mer Baltique comme une attaque hybride, car non revendiquée, s'inscrivant dans la guerre du gaz.

Sabotage des gazoducs Nord Stream : une attaque hybride qui démontre la vulnérabilité des infrastructures sous-marines

Le 26 septembre 2022, les radars sismiques des réseaux de surveillance suédois et danois ont enregistré deux explosions autour de l’île danoise de Bornholm. Quatre fuites ont depuis été détectées sur les deux gazoducs sous-marins Nord Stream 1 et Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne. Longs d’un peu plus de 1.200 km, ils étaient tous les deux remplis d’environ 150 millions de m3 de gaz chacun, même si aucun des deux n’était en service. Voici un pas de plus franchi dans "la guerre du gaz", analyse le Spiegel, tandis que la mer Baltique serait soudain devenue "une zone de guerre offshore". La force des détonations, équivalant sans doute à 500 kg de TNT, indique qu’un État serait à l’œuvre, ce qui signifie que les gazoducs auraient été victimes, selon les termes de l’OTAN, "d’actes de sabotage délibérés". Quel pays a donc entrepris de couper ces canalisations et pour quelles raisons ? Même s’il est impossible de la désigner comme responsable de ces actes malveillants, la "guerre du gaz" fait partie de l’histoire de la Russie, explique l’hebdomadaire allemand, car Moscou a toujours utilisé les approvisionnements en énergie (gaz, pétrole, charbon) comme moyen de chantage politique et économique, en particulier avec ses partenaires commerciaux est-européens et ex-soviétiques (Ukraine, Biélorussie, Géorgie, Moldavie, pays Baltes). L’Occident se pensait épargné, mais il se trouve lui aussi engagé dans un bras de fer depuis un an tout juste, lorsque Gazprom a réduit les quantités de gaz à destination de l’Europe dans les pipelines Jamal et Transgas transitant par la Pologne et l’Ukraine. Et la pression a monté de plusieurs crans en 2022, lorsque les livraisons via le gazoduc Nord Stream 1 ont progressivement diminué, pour cesser totalement le 1er septembre. D'habitude, les rationnements de gaz permettent de faire monter les prix, mais, aujourd'hui, la destruction radicale de l’infrastructure permettant les approvisionnements vers l’Al...
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