"Il n’y a pas d’affaire Bayou. Il n’y a pas d’accusation." Julien Bayou, qui a démissionné de la direction d'EELV et de la présidence du groupe écologiste à l'Assemblée Nationale après avoir été accusé de violences psychologiques à l'encontre de son ancienne campagne, est sorti de son silence médiatique lors d'une interview au Monde. Le député de Paris, qui annonce garder son siège à l'Assemblée Nationale, s'y présente comme "quelqu’un innocent des faits dont on ne l’accuse pas", et se dit victime d'un "dévoiement" du féminisme.
"Il n’y a pas d’accusation, je ne peux pas m’en défendre, et pourtant je suis présumé coupable. Mes accusatrices disent elles-mêmes qu’il n’y a rien de répréhensible", s'est-il défendu dans cet entretien, affirmant n'avoir "jamais commis de violence psychologique à l’égard de (son) ex-compagne" et décrivant seulement "une rupture très douloureuse avec des souffrances partagées". Il a par ailleurs indiqué "retourner à l'Assemblée nationale ce mardi" même s'il n'est plus à la tête du groupe des Verts : "je suis investi d’un mandat, je compte bien le mener", a-t-il assuré.
La cellule interne d'EELV contre les violences faites aux femmes s'était auto-saisie en juillet d'une enquête sur Julien Bayou, son secrétaire national, après un courriel de son ex-compagne, dont il s'est séparé en novembre 2021. Il assure avoir demandé quatre fois à y être auditionné, en vain : "le principe du contradictoire (...) n'a pas été respecté", accuse-t-il. L'affaire a pris un nouveau tour le 19 septembre dernier, lorsque sa collègue députée écologiste Sandrine Rousseau l'a accusé de "comportements de nature à briser la santé morale des femmes" sur un plateau télévisé. Elle a raconté avoir "reçu longuement" chez elle l'ex-compagne de Julien Bayou, affirmant que celle-ci avait tenté de se suicider et laissant ainsi entendre qu'elle avait été victime de violences psychologiques.
"Elle est allée trop loin. Et tout le monde le mesure. Pour moi, il ne faut pas confondre féminisme et maccarthysme", a réagi l'ancien chef de file des Verts. "Le maccarthysme est un tout autre sujet. C’est dire : 'J’ai des listes d’hommes', c’est porter des accusations que vous ne pouvez contredire, car il n’y a pas d’enquête", a-t-il poursuivi, y voyant non pas "un excès du féminisme" mais un "dévoiement". Mouvement de délation initié dans les années 1950 aux États-Unis, le maccarthysme ciblait des personnalités soupçonnées de promouvoir le communisme.
"On ne balance pas à une heure de grande écoute la situation psychologique de quelqu’un qui souffre ou des accusations sans éléments", a fustigé Julien Bayou, estimant que "le privé ne doit pas être instrumentalisé à des fins politiciennes". "Le mouvement #metoo est une révolution nécessaire et inachevée", a toutefois estimé le député, qui ajoute ne pas confondre "les soubresauts, les combats nécessaires, les avancées, le militantisme de cette génération qui compte et qui aspire à l’égalité, avec ce dévoiement". Il a indiqué également qu'il ne prévoit "à ce stade (...) aucune action en justice".
Quant à la cellule mise en place par EELV, elle reste "nécessaire" aux yeux de Julien Bayou, mais "est fondamentalement insuffisante" puisqu'elle ne peut pas déboucher sur une réponse juridique, et que dans son cas personnel de dirigeant, son efficacité serait limitée : "Serais-je blanchi, qu'on dirait qu'il y a eu collusion. Serais-je sanctionné, ce serait inter...
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