Le fléau a défrayé la chronique tout l'été. Depuis le début du mois d'août, le rodéo urbain est au cœur des débats, notamment après que deux très jeunes enfants ont été percutés et blessés dans le Val-d'Oise. Mais malgré un gouvernement qui affiche fermement sa volonté de lutter contre cette pratique illégale de la moto, plusieurs élus ont appelé à utiliser la méthode du "contact tactique". Une stratégie trouvée outre-Manche, qui fait désormais l'objet d'une proposition de loi.
Comme son nom l'indique, la proposition de loi déposée le mardi 20 septembre vise à "lutter contre le fléau des rodéos urbains". Car pour les députés de droite, dont Christelle d'Intorni et Eric Ciotti, les mesures actuelles pour endiguer "ce phénomène dangereux" ne sont "pas suffisamment dissuasives". "Il est urgent de réagir avant que de nouveaux drames, plus lourds encore, ne se produisent", plaident les élus LR en introduction du texte.
Pour ce faire, ils s'inspirent de "nos voisins britanniques, eux aussi confrontés à ces comportements dangereux" qui auraient "décidé de prendre des mesures fortes pour lutter contre les malfaiteurs qui en sont responsables" avec une méthode qui vise à établir un "contact délibéré" entre le véhicule de police et la moto du suspect. Pour rappel, au Royaume-Uni, la seule ville de Londres a autorisé cette technique en octobre 2017 afin de réprimer une vague de vols à l'arrachée dans la capitale, commis par des suspects qui prenaient la fuite sur des deux-roues.
Mais, "même si cette technique est utilisée principalement pour lutter contre la criminalité commise à l'aide de motos ou scooters", les élus de droite affirment qu'elle permet une "interpellation directe du suspect" et plaident pour son "efficacité" dans le cas des rodéos urbains. C'est pourquoi elle propose d'ouvrir "la voie juridique à la mise en place" de cette doctrine musclée. En plus d'aggraver les peines encourues pour les auteurs de ces délits, elle souhaite modifier le code de la route par un nouvel article. Il doit permettre aux "membres des forces de l'ordre" d'engager "un contact direct entre leur véhicule et le véhicule poursuivi afin de l’arrêter" en "veillant à ne pas causer de dommage à des tiers". Un texte qui irait donc encore plus loin que la règle britannique.
La proposition de loi a été renvoyée à la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République.
Sur lemême thème