Pourquoi le journalisme sportif est encore un milieu hostile aux femmes

Sandy Montañola - Slate FR - 29/04
Accéder au monde du journalisme de sport est compliqué, surtout lorsque l'on est une femme. Confrontées aux discriminations et au sexisme, elles doivent lutter pour s'y faire une place.

Le documentaire Je ne suis pas une salope, je suis journaliste de Marie Portolano et Guillaume Priou expose le poids des stéréotypes sur le quotidien des femmes journalistes de sport. Il s'inscrit dans une série de mobilisations dénonçant les discriminations salariales, les difficultés d'accès aux postes à responsabilité, ou encore l'ambiance sexiste des rédactions politiques et sportives.

Pourquoi est-ce si compliqué pour les femmes de se faire une place dans ces métiers?

Le journalisme de sport, un métier d'hommes

Le journalisme se féminise depuis les années 1960 pour atteindre, en 2019, 47% de femmes parmi les titulaires de la carte de presse. Pourtant, dans le journalisme de sport, les femmes représentent, en moyenne, 10% des effectifs en Europe comme en Amérique du Nord.

Les pionnières des années 1970 à 1990 n'ont pas entraîné de féminisation massive (en France, le pourcentage serait passé de 5% en 2000 à 10% en 2016 parmi les affiliés à l'UJSF, l'Union des journalistes de sport en France). Au contraire, elles ont été érigées au rang d'exception, une façon d'intégrer quelques femmes dans un métier qui reste masculin (un procédé déjà constaté dans la police).

Or, sans un seuil minimum, établi par des travaux de recherche à 30%, les femmes ont tendance à se conformer aux codes du groupe dominant. Et ce d'autant plus que la sur-sélection (écoles de journalisme, concours d'intégration, concurrence interne) ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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