vies cachées

Antonio Muñoz Molina - El País - 24/09
"Provisional Lives", de l'écrivaine roumaine Gabriela Adamesteanu, est un roman avec une ambition globale à l'ancienne et une écriture et une composition saccadées

Deux amants se retrouvent de temps en temps dans une chambre d'emprunt, dans un quartier isolé et anonyme, en milieu de matinée ou d'après-midi, aux heures forcées de leur vie clandestine, d'autant plus secrète qu'ils doivent se cacher de l'espionnage bavard du autres et aussi de l'omniscience d'un État policier. La chambre est sordide, les draps des autres sont sales, les mégots débordent du cendrier, parfois l'eau est coupée dans la salle de bain, la fenêtre donne sur une sorte de terrain vague dans lequel se trouvent des fossés de construction et un lagon aux couleurs suspectes : mais pour quelques-uns heures la passion de l'amour annule dans une certaine mesure le monde extérieur, ses intempéries, sa menace. Le lieu et le temps où se déroule l'histoire sont d'abord aussi flous que le paysage de banlieue vu à travers les vitres sales, avec leurs fermetures mal ajustées par lesquelles le froid s'infiltre. La ville est Bucarest, à l'époque plus ou moins des années soixante-dix...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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