Igor Levit, sans peur

Luis Gago - El País - 24/09
Le pianiste revient sur le marché avec un album atypique, riche de liens avec toute sa discographie précédente et centré autour du personnage médiéval de Tristan vu à travers les yeux de Richard Wagner.
Le pianiste russo-allemand Igor Levit dans une photo promotionnelle pour son dernier album, 'Tristan'.felix broede

Vous les reconnaîtrez par leurs dossiers. Si cet adage est vrai, les enregistrements publiés jusqu'à présent par le pianiste Igor Levit en disent long sur sa personnalité artistique et humaine. En 2013, alors qu'il était encore un parfait inconnu, il choisit pour son baptême du sang sur le label Sony rien de moins que les cinq dernières sonates pour piano de Beethoven : pour qui voulait les écouter, force était de constater que ce jeune Russe formé en Allemagne, âgé seulement de 26 ans ans alors, il n'était pas n'importe quel pianiste. Quelques mois plus tard, une autre incursion dans le grand répertoire voit le jour : une version extrêmement mûre et personnelle des six Partitas de Bach, les premières œuvres que, peut-être fatigué que son génie passe inaperçu de tous, le compositeur allemand décide de s'auto-éditer à partir de 1726. En 2015, Levit a fait face à un défi majeur, unissant les deux compositeurs au moyen d'un pont invisible qui reliait deux des plus grands cycles de variations de l'histoire (ceux connus faussement sous le nom de Goldber...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...