Le procès autour de la collision mortelle entre un car scolaire et un train, en 2017 à Millas, dans les Pyrénées-orientales, se poursuit. Après quatre journées "éprouvantes", la conductrice du bus s'est effondrée, jeudi 22 septembre, devant des victimes qui se sont dit déçues et "fatiguées".
Dans la grande salle du tribunal de Marseille, où sont jugées les affaires d'accidents collectifs, Nadine Oliveira, 53 ans, a encore une fois tenté d'expliquer ce qu'elle avait réellement vu ou pas vu avant la collision avec le train qui a coûté la vie à six collégiens et en a blessé 17 autres dont certains très grièvement. Interrogée par le tribunal sur sa prise quotidienne de somnifères au moment des faits, elle a nié tout endormissement : "Non, je me suis pas endormie, j'étais en forme", a-t-elle affirmé. Pour elle, les barrières du passage à niveau étaient bel et bien ouvertes. Pourtant, les expertises contredisent formellement cette version de faits.
Au cours de l'audience, Nadine Oliveira a fini par évoquer un "trou noir". Un changement de discours qui a surpris Me Hélène Castello-Picard, l'avocate de plusieurs familles de victimes : "Ce n'est pas très très clair ce trou noir et il y a quelque chose qui m'interroge : vous maintenez que cette barrière est ouverte et après vous avez un trou noir.". Un paradoxe que la prévenue n'est pas parvenue à expliquer.
En guise de réponse, la prévenue est revenue encore une fois sur la scène qui a suivi l'accident : "Quand je lève la tête, je vois les sièges", a-t-elle détaillé avant d'évoquer la violence du choc dans lequel le car a été coupé en deux et les occupants et les sièges projetés en dehors du bus.
À l'évocation de ces faits, la conductrice incriminée s'est effondrée en sanglots. Visiblement bouleversée, elle a été évacuée un temps dans une salle jouxtant la salle d'audience, mais n'est pas parvenue à reprendre ses esprits. Une des victimes viendra même la voir. Après quelques minutes de suspension, la présidente du tribunal, Céline Ballerini, a annoncé la suspension de l'audience jusqu'à lundi prochain. "On ne va pas pouvoir reprendre ce soir parce que je ne sais pas si elle sera en état, si elle va rester là ou être évacuée", a-t-elle indiqué. Et d'ajouter : "On a eu une semaine éprouvante".
"On craque, les enfants craquent"
Stéphan Mathieu, père d'une des victimes
Les parties civiles venues au procès pour trouver des réponses se sont dites très déçues de l'attitude de la prévenue. "On craque, les enfants craquent parce que les enfants savent ce qu'ils ont vu et ils entendent ces témoignages négatifs de la chauffeuse, ils n'en peuvent plus", a réagi auprès de la presse Stéphan Mathieu, qui a perdu sa fille dans la collision. Comme beaucoup d'autres parents endeuillés, il estime que Nadine Oliveira est dans le "déni". "Elle a un trou noir parce qu'elle ne veut pas s'avouer qu'elle a fait une erreur", a-t-il estimé.
Aujourd'hui, Nadine Oliveira se décrit comme une femme "détruite". Au début de l'été, elle est allée jusqu'à tenter de mettre fin à ses jours, selon son avocat. Au vu des circonstances dans lesquelles l'audience a été suspendue, nombreux sont ceux qui se demandent si elle sera capable d'aller jusqu'au bout du procès qui doit se tenir jusqu'au 7 octobre. Ce jeudi après-m...
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