L'Italie va-t-elle donner un coup de barre à l'extrême droite ? Tous les sondages prédisent la victoire aux législatives du 25 septembre de Giorgia Meloni. La dirigeante de Fratelli d'Italia (FdI) pourrait ainsi devenir la première cheffe de gouvernement d'un des pays fondateurs de l'UE issue d'un parti post-fasciste. La coalition des droites qui rassemble son parti, la Ligue (anti-immigration) de Matteo Salvini et Forza Italia de Silvio Berlusconi (droite libérale) caracole en effet en tête des intentions de vote. De quoi perturber un échiquier politique à part, au sein duquel l'extrême droite a une longue histoire.
Militante durant sa jeunesse au sein du Mouvement social italien (MSI), - fondé en 1946 par des fidèles de Benito Mussolini -, Georgia Meloni devrait diriger le futur gouvernement en cas de victoire de sa coalition. Cette quadragénaire charismatique défend avec son parti Fratelli d'Italia (FdI) la même politique que la Ligue, le parti anti-immigration de Matteo Salvini. Sa devise ? "Dieu, patrie, famille". Ses priorités ? Fermer les frontières pour protéger l'Italie de "l'islamisation", renégocier les traités européens pour que Rome reprenne le contrôle de son destin, lutter contre les "lobbys LGBT" et "l'hiver démographique" du pays, dont la moyenne d'âge est la plus élevée du monde industrialisé juste derrière le Japon.
Âgée de 19 ans, elle affirme à France 3 que le dictateur Benito Mussolini était "un bon politicien". Si elle doit ménager une frange de sa base qui se réclame de ce passé-là, elle sait aussi que pour gagner, elle doit rassurer l'aile modérée de sa famille politique. "Si j'étais fasciste, je dirais que suis fasciste", s'est-elle défendue dans un récent entretien au magazine britannique The Spectator.
Cent ans après sa prise de pouvoir, le culte de Benito Mussolini demeure en Italie. Notamment à Predappio, où il est né et enterré, et où de nombreux nostalgiques se relaient au chevet de sa dépouille. Son tombeau est visité par plus de 70.000 visiteurs par an, et les magasins de souvenirs fascistes sont nombreux dans sa bourgade : bracelets "anti-communistes", des croix gammées ou celtiques, bouteilles de vin à l'effigie du "Duce"…
Force est de constater que sa popularité a traversé les décennies en Italie : pour 66% des jeunes de 16 à 25 ans, le régime fasciste a été "une dictature à condamner en partie, mais qui a aussi apporté des bénéfices", selon un sondage Ipsos publié en 2021.
Né en 2012 des cendres du Mouvement social italien (MSI) fondé par d'anciens fidèles de Mussolini, Fratelli d'Italia a repris son emblème, la flamme tricolore. Un symbole auquel refuse de renoncer Giorgia Meloni même si elle a pris ses distances avec les "nostalgiques du fascisme" pour lesquels "il n'y a pas de place" dans son parti.
Un pouvoir éphémère en Italie ? Pas moins de 67 gouvernem...
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