Vous habitez un charmant village fleuri et calme de la Loire. Vous travaillez à une quarantaine de kilomètres à l’entrée de Saint-Étienne. Or, pour vous rendre dans cette cordonnerie stéphanoise, vous devez prendre votre vélo (mais vous ne trouvez pas les routes sécurisées et le trajet reste un peu long) ou votre voiture (l’empreinte carbone et le prix de l’essence vous refroidissent). Pour accéder aux transports en commun, il vous faut prendre un bus hors de portée à pied et aux horaires fluctuants, surtout si vous travaillez tard le soir.
L’agglomération ligérienne a pris conscience de cette difficulté. Elle propose, sur une même application mobile, de réaliser le trajet en combinant par exemple du covoiturage et du tramway. Une solution que la Commission européenne veut pousser. Cette année, la Semaine européenne de la mobilité met en valeur les déplacements intermodaux. Objectif : simplifier le parcours de l’usager et lui permettre de passer de l’auto partagée au train sans réserver sur deux applications mobiles différentes. Hors Île-de-France, dans les 10 principales agglomérations françaises, le nombre de déplacements combinant plusieurs modes de transports a triplé depuis 20 ans. Lyon, Toulouse, Strasbourg, Grenoble ou encore Rennes connaissent des augmentations spectaculaires.
Bus, métros, taxis, voitures en autopartage, vélos en libre-service, trottinettes. Autant de moyens de déplacement à disposition des voyageurs qui ont parfois du mal à s’y retrouver pour prévoir leur trajet. Le concept du "Mobility as a Service" se donne pour ambition d’optimiser les déplacements de chacun.
Derrière cet anglicisme, un projet regroupe de nombreux spécialistes du transport urbain : des entreprises exploitants les systèmes en place (à l’instar de Transdev qui font rouler des bus), des entreprises d’appui dans la phase amont, des spécialistes de calcul d’itinéraires, des développeurs des applications mobiles, les organismes et autorités de transport qui détiennent les données, les sociétés de gestion de paiement intégré, les plateformes d’agrégation de taxis, etc.
Le MaaS permet de planifier, réserver et payer un trajet sur une même plateforme numérique. Il propose de personnaliser des calculs d’itinéraires et offre un ticket de transport commun à tous les modes de transports, publics ou privés, partagés ou non. Depuis 2019, la loi d’orientation des mobilités (LOM) soutient le développement de "nouvelles solutions de mobilité pour mieux répondre aux besoins quotidiens". L’État accompagne les territoires désirant promouvoir ce concept.
Début 2021, quatre villes françaises proposaient déjà une telle plateforme unique : la plateforme de Transports de l'agglomération de Montpellier, le Compte Mobilité à Mulhouse, Moovizy à Saint-Étienne et le PassMobilité de Strasbourg. Ces applications mobiles n’intègrent pas encore les mêmes services, notamment au niveau des paiements. A Mulhouse, une facture mensuelle unique rassemble tous les modes de transport utilisés dans le mois. Avec Moovizy à Saint-Étienne, les passagers peuvent connaître la combinaison de modes de déplacement la plus rapide pour effectuer leur trajet, sans pouvoir payer d’une seu...
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