La nouvelle a provoqué un tollé sur la scène internationale. Mardi, les autorités installées par Moscou dans les régions séparatistes de Lougansk et Donetsk et les territoires occupés de Kherson et Zaporijia, dans le sud, ont annoncé la tenue dans l'urgence de "référendums" d'annexion par la Russie. Une décision prise en pleine contre-offensive ukrainienne et alors que Moscou a connu plusieurs revers début septembre, les forces du Kremlin se retirant de la région de Kharkiv face à la pression de l'armée de Kiev.
Des votes qui seront organisés sur le modèle de celui qui a formalisé l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie en 2014, jamais reconnue par la communauté internationale. Sur Telegram, mardi, l’ex-président et actuel numéro deux du conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a ainsi affirmé que ces référendums "sont d'une grande importance (…) pour le rétablissement de la justice historique" pour la Russie.
Plusieurs spécialistes appellent à ne pas sous-estimer l'annonce de l'organisation en urgence de ces "référendums" qui pourrait être un signe "d'escalade majeure de la guerre". Comme pour la Crimée en 2014, ces scrutins donneraient une "base légale à la Russie pour annexer" ces territoires, a détaillé sur Twitter la chercheuse et spécialiste des sociétés post-soviétiques, Anna Colin Lebedev. "Toute attaque ukrainienne contre ces zones serait alors une attaque sur le territoire russe, selon la Russie."
Un constat partagé par Alexander Baunov, chercheur au Carnegie Center de Moscou. Selon lui, avec ces scrutins, "le message est clair : 'Vous choisissez de nous affronter en Ukraine, maintenant, essayez de nous affronter en Russie ou, pour être précis, ce que nous appelons la Russie'." Moscou espère que l'Occident s'opposera à ce type d'affrontement, ce qui permettrait, dans les régions concernées d'imposer une sorte de statu quo à l'image de la Crimée, gérée de fait par Moscou, même si son rattachement à la Russie reste dénoncée par la communauté internationale. Une annexion qui avait été précédé, comme c'est le cas aujourd'hui, par une intervention militaire.
Pour d'autres, l'annonce de ces "référendums" pourrait également représenter un risque important pour la sécurité mondiale. Selon la politologue russe, chercheuse non-résidente au Carnegie Moscow Center et fondatrice de R.Politik, Tatiana Stanovaya, ces scrutins représentent "un ultimatum absolument sans équivoque" à l'Ukraine et à l'Occident. "Soit l'Ukraine bat en retraite, soit c'est la guerre nucléaire", fait valoir la chercheuse.
La doctrine nucléaire de Moscou, documentée sur le site du ministère des Affaires étrangères, stipule que le pays peut recourir à l’arme atomique en "réponse à l’emploi contre [la Russie] et/ou contre ses alliés d’armes nucléaires et d’armes de destruction massive, et aussi en cas d’agression contre la Fédération de Russie à l’aide d’armes habituelles quand l’existence même de l’État est menacée".
Une éventualité qui semble confirmée par les déclarations de Dmitri Medvedev ce mardi. L'actuel numéro deux du conseil de sécurité russe a ainsi averti : "Empiéter sur le territoire de la Russie est un crime et, s'il est commis, cela vous permet d'utiliser toutes les forces de légitime défense."
Ces scrutins pourraient également être utilisés par Moscou pour "déclarer la mobilisation générale" en Russie et "durcir les sanctions pour ceux qui ne remplieraient pas leu...
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