Un équilibre qui tarde à être trouvé. Ma Prime Rénov' a été déployée en 2020 pour remplacer le crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) et les aides de l'Agence nationale de l'Habitat (Anah). Le dispositif repose sur une aide plus ou moins importante en fonction des revenus des ménages qui y ont recours.
Ainsi, 4 profils de contribuables ont été déterminés en fonction des ressources du foyer fiscal : bleu pour les revenus très modestes, jaune pour les revenus modestes, violet pour les revenus intermédiaires, rose pour les revenus supérieurs. Initialement très ciblé, il s'est progressivement étendu avec des objectifs de plus en plus ambitieux.
En 2021, le gouvernement visait à rénover 80.000 passoires thermiques, avec cette aide notamment. Selon un rapport de la Cour des comptes, seuls 2500 logements ont, in fine, changé de performance énergétique. "Ce chiffre de 2500 correspondait aux logements qui ont eu la totalité de la rénovation", confirme ce mardi Olivier Klein, ministre délégué à la ville et au Logement sur LCI. "Un chiffre : c'est 1,5 million de projets qui ont été accompagnés par Ma Prime,Renov", ajoute-t-il. "La réalité, c'est que si on additionne toutes les moindres consommations depuis le début [du dispositif], on économise, par an, la consommation d'énergie de la ville de Lyon", se félicite-t-il. De quoi illustrer d'un certain succès malgré les critiques de certains observateurs.
Pour tenter d'obtenir des résultats encore plus probants, le gouvernement planche sur un nouvel aménagement du mécanisme. Dans un premier temps, l'idée est d'augmenter le budget alloué à la prime. Déjà passé de 2 milliards à 2,4 milliards d'euros en 2022, il devrait connaître une nouvelle hausse et atteindre 2,6 milliards d'euros en 2023. À partir de là, d'autres changements sont aussi attendus.
Tout d'abord, le nombre de personnes éligibles à cette aide devrait encore être étendu. Autrement dit, la subvention - qui a bénéficié d'un coup de pouce de 1000 € en avril 2021 - pourrait concerner plus de monde. Mais pour Frédéric Utzmann, président du groupe Effy, cela restera bien insuffisant face aux 5 millions de passoires thermiques de l'Hexagone. "C'est à peu près la subvention pour 40 000 maisons aidées en moyenne. C'est très insuffisant par rapport au nombre de ménages qu'il faut aujourd'hui aider face à la crise énergétique", explique le spécialiste à TF1.
Autre nouveauté, la prime pourrait aussi concerner les bâtiments publics, actuellement totalement exclus. "On voit dans le sous-vitrage des murs qu'ils ne sont finalement pas plus épais que le châssis des fenêtres. Cela laisse comprendre l'épaisseur des murs, qui est de 6 centimètres", souligne Lorrain Merckaert, maire de Montigny-le-Bretonneux (Yvelines) au sujet du gymnase de sa commune. Une aide est "vraiment nécessaire parce que le coût de rénovation estimé est de l'ordre de 9 millions d'euros. Il faut que l’État nous aide", insiste l'édile. Dans ce cas particulier, le bâtiment est un des plus énergivores de la ville et coûte chaque année près de 65 000 euros à la municipalité.
Enfin, et peut-être surtout, la supervision d’un accompagnateur Rénov’ sera nécessaire pour effectuer les demandes de Ma Prime Renov' à compter de septembre 2023. Instauré depuis le 1er janvier 2022, cet accompagnement, actuellement facultatif, va devenir obligatoire pou...
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