C'est un métier en tension, au moment où il est pourtant le plus demandé. Malgré les campagnes de recrutement de la part des entreprises de transports et les alertes répétées de la Fédération nationale des transporteurs de voyageurs (FNTV), la situation concernant les chauffeurs de bus est toujours fragile et des perturbations sur les réseaux sont constatés.
Si la FNTV assurait ainsi que la très grande majorité des élèves avaient pu être conduits vers leurs établissements scolaires, cela ne s'est pas fait sans adaptation. De même pour les réseaux de transports en ville, qui n'arrivent toujours pas à recruter, quelques semaines après la rentrée.
En effet, face à cette situation de pénurie inédite, liée notamment à une crise du Covid qui a vu la démission d'un nombre important de professionnels et une situation sociale défavorable, les transporteurs, pour continuer à fonctionner, ont dû revoir leur organisation. En Ile-de-France, 19 trains du RER C ont été supprimés, sur les 600 qui roulent quotidiennement, faute d'une cinquantaine de chauffeurs. Transilien SNCF précise cependant que cela ne concerne qu'1% des voyageurs de la ligne.
Pour les mêmes raisons, la RATP a dû parfois allonger ses temps d'attente. Cela ne concerne pas seulement les transports publics parisiens. À Lyon, à Lille, à Rennes ou encore à Bordeaux, le même constat est fait. De nombreuses régions ont ainsi dû travailler avec les transporteurs pour "dégrader l'offre de transports" afin d'"économiser des véhicules sur la route" et donc, des conducteurs, souligne la FNTV. "On a parfois regroupé des autocars, l'offre a parfois été diminuée pour faire face et assurer le service. Ce sont des solutions qui sont très largement généralisées dans toute la France", explique Jean-Sébastien Barrault, président de la Fédération.
Même problème d'attractivité du côté des transporteurs scolaires en zone rurale. Dans plusieurs régions, pour pallier la demande, les transporteurs se sont adressés à l'ensemble des personnes qui ont le permis D, permettant le transport de voyageurs. Ainsi, mécaniciens ou personnels administratifs ont pu être mobilisés pour conduire les autocars. Les chauffeurs d'autocars de touristes ont également dû reprendre du service à la rentrée.
"Ces solutions temporaires, elles sont toujours en vigueur aujourd'hui. Il continue de nous manquer plusieurs milliers de conducteurs à ce jour", regrette Jean-Sébastien Barrault, qui rappelle que cette situation tendue devrait encore durer trois mois minimum, le temps que les nouveaux chauffeurs soient formés. "La situation est tellement tendue dans les entreprises qu'on ne peut se permettre d'avoir la moindre épidémie de grippe ou de Covid. Parce qu'autrement, il n'y a aucune solution de remplacement", prévient le représentant. Une situation qui tombe mal, alors que les Français sont incités à utiliser les transports en commun.
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