Face aux blocages russes, les États-Unis voudraient réformer l'ONU et son Conseil de sécurité

LCI - 18/09
[VIDÉO] - En raison du droit de veto dont disposent les Russes au Conseil de sécurité, l'ONU se trouve globalement démuni face au conflit en Ukraine. Cette situation pousse les Américains à réfléchir à une réforme de l'organisation internationale. Faire évoluer cette institution se révèle toutefois très délicat.

En raison du droit de veto dont disposent les Russes au Conseil de sécurité, l'ONU se trouve globalement démuni face au conflit en Ukraine.
Cette situation pousse les Américains à réfléchir à une réforme de l'organisation internationale.
Faire évoluer cette institution se révèle toutefois très délicat.

Il est fréquent, à l'approche de chaque Assemblée générale des Nations unies, de voir ressurgir l'idée d'une réforme de l'ONU et de son Conseil de sécurité. Des appels aujourd'hui relayés par un acteur inhabituel : les États-Unis. Alors que se poursuit la guerre en Ukraine, Washington ne cache en effet plus une forme d'exaspération, causée par l'usage que fait la Russie de son veto.

Jusqu'à présent, les puissances occidentales ont eu recours à une série de règles et de procédures pour veiller à ce que Moscou ne bloque pas les réunions du Conseil de sécurité. Elles se sont par exemple tournées vers l'Assemblée générale de l'ONU afin de condamner la Russie, chacun des 193 États membres disposant d'une voix dans cette instance. Pour autant, l'ONU apparaît relativement impuissante dans le conflit ukrainien. 

"Un statu quo intenable et dépassé"

Lors d'un récent discours, l'ambassadrice américaine à l'ONU Linda Thomas-Greenfield a soutenu l'idée de "propositions sensibles et crédibles" visant à élargir et donc réformer le Conseil de sécurité. Il s'agirait de ne plus le réduire à ses actuels cinq uniques membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France), auxquels s'ajoutent les 10 non-permanents. "Nous ne devons pas défendre un statu quo intenable et dépassé", a-t-elle lancé, "mais plutôt faire preuve de flexibilité et d'ouverture, au nom d'une plus grande crédibilité et légitimité". Visant directement la Russie, elle a estimé que "tout membre permanent qui use de son droit de veto pour défendre ses propres actions perd toute autorité morale et doit être tenu pour responsable".

Lire aussi

Du côté de Pékin et Moscou, ces propos font sourire. Ils rappellent en effet l'époque de George Bush fils, quand les États-Unis avaient, sans scrupules, contourné le Conseil de sécurité pour envahir l'Irak. Pour Naledi Pandor, ministre des Affaires étrangères d'Afrique du Sud (pays qui souhaite de longue date un siège au Conseil de sécurité), il est assez hypocrite de remettre en cause le concept du veto uniquement en raison de l'usage qui en est aujourd'hui fait par la Russie. "Certains d'entre nous ont depuis longtemps appelé à ce que l'Assemblée générale puisse jouer un plus grand rôle, sans jamais avoir été soutenus. Mais tout à coup, aujourd'hui, oui ?", a récemment lancé la représentante sud-africaine.

Les États-Unis soulignent de leur côté que depuis 2009, ils n'ont usé qu'à quatre reprises de leur droit de veto, contre 26 fois pour la Russie. On peut noter qu'historiquement, le mouvement le plus franc en faveur d'une réforme du Conseil de sécurité avait été observé à l'occasion du 60ᵉ anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque le Brésil, l'Allemagne, l'Inde et le Japon avaient déposé une candidature simultanée pour prétendre à un siège permanent. 

La Chine, à l'époque, s'était fermement opposée à l'idée, rejetant la présence d'une autre puissance d'Asie de l'Est. Du côté des spécialistes de la diplomatie, on doute aujourd'hui qu'une reforme soit possible. En tout cas tant que la Russie et la Chine auront le sentiment que leurs intérêts seront menacés.

TD avec AFP

Sur lemême thème

Tags
  • #Russie
  • #Crimes de guerre
  • #Conflits et guerre
Topics
  • InternationalUkraine : plus de six mois de guerre
Articles
Loading...