Rodríguez Rivero, dans son fauteuil

Antonio Muñoz Molina - El País - 17/09
Dès son plus jeune âge, l'auteur avait déjà cette présence solvable qu'il continue d'entretenir, cette disposition d'observation envers les écrivains et leurs livres, mais aussi envers le monde du livre lui-même, sa part d'industrie et de commerce.

Maintenant que Manuel Rodríguez Rivero a dit au revoir à ces pages avec une telle élégance, je réalise à quel point il va me manquer et avec quelle impatience je vais attendre qu'il continue à écrire, mais pas seulement, qu'il continue à voyager à travers le monde ou les mondes du livre comme il le fait depuis que je le connais, laissant des indices comme les miettes d'une histoire. C'était le siècle dernier, les années quatre-vingt déjà lointaines. Au cours de ces années, Víctor García de la Concha organisait des conférences littéraires à Verines, dans les Asturies, et invitait de jeunes écrivains, journalistes et critiques, presque tous encore assez inconnus, au public et aussi entre nous. Entre allées et venues en bus à travers les prairies asturiennes, entre tables rondes et nuits blanches brouillées par les mots, l'alcool et le tabac (presque personne ne se remet de son temps), une nouvelle mondanité littéraire était en train d'éclore, dont la principale caractéristique était la manière retentissante dont le la distance vers le passé immédiat était marquée, celle des vétér...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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