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Attaque de Rambouillet : un séisme magnitude 9 sur l’échelle de Richter des chocs politiques ?
Atlantico -
27/04
Pour la première fois, une représentante de premier plan de la droite modérée en la personne de Valérie Pécresse a assumé de ne plus nier le lien entre immigration et terrorisme. Alors que les fractures de la société française ne cessent de produire leur dose de chaos quotidien, s’agit-il d’une rupture dans l’histoire du traitement politique de l’immigration en France ?
Atlantico : Avant les années 1990 les partis de droite dite conventionnelle (RPR) tenaient un discours associant immigration massive et insécurité puis s’en sont détachés, laissant cette seule voix au Front National. Aujourd’hui, avec les récentes déclarations de Valérie Pécresse associant terrorisme et immigration, et la multiplication de ces discours au sein de la droite modérée est-ce le signe d’un retour de cette droite à la ligne politique des années 1980 ?
Christophe Boutin : Il faudrait sans doute remonter plus haut que les années 1990 pour retrouver une droite qui lie immigration et insécurité. En effet, la droite française a été totalement incapacitée par la manœuvre de François Mitterrand dans les années 1980, consistant à donner une tribune au Front National d’alors, déjà pleinement critique de l’immigration, tout faisant monter en puissance des lobbies du type de SOS-Racisme qui dénonçaient eux comme racistes les commentaires critiques, ou même la seule présentation d’éléments statiques concernant le phénomène migratoire. Cette censure, garantie par des textes répressifs mais avant tout par la pesanteur de la doxa médiatique, a tétanisé la droite dite « républicaine », comme l'ont baptisée les médias pour qualifier celle à laquelle la gauche acceptait de décerner un brevet de moralité si elle refusait toute alliance avec le Front National. Et comme ce dernier, seul à pouvoir exprimer certaines inquiétudes, progressait dans les urnes, cela a parfois conduit cette dernière, comme le disait à l'époque l'un de ses membres, à « perdre des élections plutôt que de perdre son âme ». Nous arrivons ici peut-être aux limites de l’exercice initié par le Charentais – d’où ces récents éditoriaux du journal Le Monde qui s’inquiètent de la fragilité de la « digue républicaine » qui interdisait de telles alliances, ou de la « récupération » du sujet du terrorisme, que ce soit pour évoquer une plus globale insécurité ou pour y lier l’immigration.
Mais plus que d’un retour des années 80, c’est peut-être d’ab... [Courte citation de 8% de l'article original]
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