L'Europe est touchée par une importante sécheresse depuis plusieurs mois. Entre le déficit de précipitations enregistré sur le Vieux continent depuis le début de l'année et les vagues de chaleur qui se sont succédé au printemps et en été, les sols manquent d'eau et de nombreux fleuves, rivières et lacs ont vu leur niveau baisser de façon drastique. Une situation qui devrait se poursuivre au moins jusqu'au mois de novembre malgré l'arrivée des précipitations.
Selon le dernier rapport sur la sécheresse en Europe, publié par la Commission européenne et Copernicus, la situation s'est de nouveau dégradée au mois d'août. Parmi les régions les plus touchées : le sud de la France, le centre et le sud du Portugal, l'Espagne, le centre de l'Italie, la Suisse, le sud de l'Allemagne, mais également de larges régions à l'ouest des Balkans. Dans l'Hexagone, 93 départements sont toujours concernés par des restrictions, dont deux sont en alerte, 12 en alerte renforcée et 79 en situation de crise. Seuls Paris, la Seine-Saint-Denis et les Hauts-de-Seine sont en vigilance.
Une sécheresse prend beaucoup de temps à s'installer, mais elle prend également beaucoup de temps pour partir
Jean-Michel Soubeyroux
Une situation qui ne devrait pas s'améliorer dans les semaines à venir alors que, malgré les précipitations attendues, les pluies pourraient "ne pas être suffisantes pour compenser le déficit accumulé durant la moitié de l'année" dans le bassin méditerranéen, détaille le rapport. Un constat que partage Jean-Michel Soubeyroux, directeur adjoint scientifique de la climatologie à Météo-France. "Ce n'est pas parce qu'il a recommencé à pleuvoir que cette crise de la sécheresse est derrière nous, il faudra beaucoup de temps pour réalimenter les sols en eau", détaille l'expert. "Une sécheresse prend beaucoup de temps à s'installer, mais elle prend également beaucoup de temps pour partir", avertit-il.
"Depuis le début du mois de septembre, nous avons des précipitations moyennes normales en France, mais si la situation s'améliore progressivement au niveau national, il existe de très importantes disparités au niveau régional", détaille le scientifique. Le sud-ouest de la France est ainsi dans une situation toujours alarmante. "Nous ne sommes toutefois sortis de la sécheresse dans aucun territoire", prévient-il. I
Il faut dire que le déficit en précipitation en France est chiffré par Météo-France à environ 120 millimètres, soit un tiers de précipitations depuis le mois d'avril. "Si on voulait rattraper la situation, il faudrait qu'il pleuve 120 mm de plus que la moyenne, soit deux mois de précipitation de plus que la moyenne pour rattraper totalement notre déficit hydrologique", explique Jean-Michel Soubeyroux qui rappelle que cette année 2022 et la deuxième plus sèche de ces 60 dernières années.
La sécheresse qui touche la France devrait ainsi perdurer au moins jusqu'au mois de novembre "voire jusqu'à la fin de l'année", prévient le scientifique. Avec l'automne, les orages - qui ne permettent pas d'hydrater correctement les sols - vont laisser place à des précipitations plus durables, des températures en baisse et moins d'évaporation de l'eau, ce qui va laisser le temps à la végétation de se réhydrater. Mais "tout le monde ne va pas retrouver une situation normale en même temps. Le scénario le plus probable est que nous puissions revenir à un niveau moyen d'humidité des sols entre novembre et janvier, selo...
[Courte citation de 8% de l'article original]