Battus à l'est par l'armée ukrainienne, et incapables de reconstituer une ligne défensive pour arrêter l'hémorragie, les soldats russes abandonnent de larges portions des territoires conquis. Plus de 6000 km2, sur plusieurs fronts, ont déjà été reconquis par Kiev depuis début septembre, a affirmé, lundi 12 septembre, Volodymyr Zelensky. Dans la région de Kharkiv, la ville stratégique d'Izioum a notamment été reprise.
Néanmoins, dans les zones nouvellement libérées, le soulagement se mêle à la tristesse, alors qu'émergent des récits de tortures et de meurtres commis pendant l'occupation russe. Habitant Balakliya, dans la région de Kharkiv, Artem a raconté à la BBC avoir été détenu par les Russes durant plus de 40 jours. "Ils m'ont fait tenir deux fils électriques. Il y avait un générateur électrique. Plus sa vitesse augmentait, plus le voltage était élevé. Ils m'ont dit, 'si tu le laisses partir, tu es fini'. Puis, ils ont commencé à poser des questions", témoigne-t-il. Les soldats russes "ont dit que je mentais, et ils ont encore augmenté le voltage", lâche-t-il. Emprisonné dans le commissariat de la ville, Artem affirme que les occupants ont coupé à plusieurs reprises le système de ventilation bruyant du bâtiment pour que les autres détenus puissent entendre les cris de détresse. "Ils l'ont éteint pour que tout le monde puisse entendre comment les gens criaient", souligne-t-il, dépité.
En plus des tortures, les Russes ont effectué de multiples arrestations arbitraires jusqu'à la libération de Balakliya, le 8 septembre. Un autre citoyen a ainsi été détenu pendant 25 jours pour la seule raison qu'il détenait un drapeau ukrainien, indique Artem dans les colonnes de la BBC. Selon les locaux, jusqu'à huit hommes étaient enfermés dans des cellules prévues pour deux personnes.
Toujours dans la région de Kharkiv, le Parquet ukrainien a annoncé avoir retrouvé quatre corps de civils, avec des "traces de torture", dans le village de Zaliznytchné. "Trois d'entre eux ont été enterrés sur le territoire de propriétés familiales, un autre a été enterré sur le territoire de l'usine d'asphalte en face de la gare ferroviaire", a-t-il précisé. "Selon la version préliminaire de l'enquête, les victimes ont été tuées par les militaires russes pendant l'occupation du village", a poursuivi l'instance sur les réseaux sociaux. Ce sont les habitants qui "se sont adressés aux forces de l'ordre et ont signalé que des militaires russes avaient tué leurs concitoyens" après le passage de ce village sous contrôle ukrainien, la semaine dernière, ajoute-t-il.
À quelques kilomètres, des journalistes de l'AFP ont constaté des destructions à Grakové témoignant de la violence de combats. Dans ce village, les autorités ukrainiennes avaient, préalablement, découvert les corps de deux civils, avec des traces de tortures et des impacts de balle à l'arrière de la tête.
De son côté, comme quelques mois plus tôt à Boutcha ou Irpin, Moscou a ni...
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