L'Union européenne a acté, le 31 août, la suspension complète de l'accord en vigueur entre Bruxelles et Moscou facilitant l'attribution des visas aux ressortissants russes voulant voyager au sein des pays de l'espace Schengen. Mais depuis le début du mois d'août, la Première ministre estonienne, Kaja Kallas, propose aux Vingt-Sept de cesser de délivrer des visas touristiques aux ressortissants russes tant que les forces armées russes continuent l'invasion de l'Ukraine.
Ses homologues polonais, baltes, finlandais et danois s'accordent sur cette ligne, tandis que l'Allemagne, la Hongrie, le Portugal, la Grèce et Chypre s'y opposent. Il est fort probable que le sujet revienne à un moment ou à un autre lorsqu'il s'agira de durcir les sanctions à l'égard de la Russie.
D'un point de vue moral et humanitaire, cette mesure serait un signe supplémentaire de solidarité avec une Ukraine meurtrie, occupée et dévastée. Toutefois, si elle était adoptée à une prochaine occasion, cette mesure pourrait produire des effets stratégiques contre-productifs pour la politique extérieure de l'Union. Cela aiderait bien peu les Ukrainiens, mais remettrait en question la stratégie de sanctions de l'Union élaborée depuis 2014.
Refuser l'entrée du territoire de l'Union aux touristes russes peut apparaître comme une mesure de bon sens et procède d'un élan de solidarité aussi spontané que louable. Cela permettrait également de dissiper ...
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