Guillaume Durand : « Comme James Bond, je me dis que mourir peut attendre »

Olivier Ubertalli - LePoint - 13/09
Remis de son cancer à la mâchoire, le dirigeant de Radio Classique réclame plus d’émetteurs et « plus d’air » pour les stations privées.

Il ne s'autorise qu'un chocolat chaud. « C'est aujourd'hui plus facile pour moi qu'un double scotch. On s'habitue à tout, comme les alpinistes au manque d'oxygène », glisse-t-il à la table du restaurant d'un hôtel de luxe près des Champs-Élysées. Éternelles lunettes rondes et pantalon à carreaux, Guillaume Durand a gardé la dégaine d'un journaliste de télévision. À 69 ans, il se remet d'un cancer de la mâchoire et fait son retour à la matinale de Radio Classique, dont il a été nommé directeur de l'information. « À l'hôpital, j'ai subi une chirurgie dantesque avec le même médecin qui a opéré l'ex-pilote de Formule 1 Philippe Alliot et le journaliste de Charlie Hebdo et romancier Philippe Lançon. On m'a pris la peau de la jambe et on me l'a mise dans la mâchoire. Il y a un petit côté Bertrand Lavier. D'où mon goût pour l'art contemporain » s'amuse-t-il en évoquant l'artiste français. L'humour, la culture et la famille sont les piliers qui font tenir Guillaume Durand. Le journaliste vient de publier un livre sur Édouard Manet intitulé Déjeunons sur l'herbe (Bouquins) et nommé dans la première sélection du prix Renaudot 2022 dans la catégorie essais. Entretien.

Le Point : Parler de votre maladie, était-ce une évidence ?

Guillaume Durand : Au début, j'ai parlé de balles perdues. Je n'avais pas envie d'exposer mon malheur. C'e...
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