Jean-Luc Godard est mort, vive la marque Jean-Luc Godard

Jean-Marc Proust - Slate FR - 13/09
Avec Godard, c'est une certaine idée du cinéma qui meurt. Sans doute surestimée, son œuvre survivra par deux ou trois films grand public et par tous les autres, plus ou moins accessibles et périssables. Plus qu'un cinéaste, JLG était devenu une marque de fabrique.

À l'heure où le générique inscrit le mot «FIN» sur la vie de Jean-Luc Godard, que reste-t-il de l'œuvre comme du réalisateur? Les deux, probablement, sont indissociables, et c'est un apport de la Nouvelle Vague que d'avoir créé la notion d'auteur: au cinéma, on va «voir un Godard» comme on va «voir un western» ou «le dernier Star Wars».

Tout commence par une bataille d'Hernani, une énième querelle des anciens et des modernes.

Chef de file de la Nouvelle Vague

Fustigeant la «tradition de la qualité», ce cinéma de papa, fleurant bon les films d'époque avec costumes et naphtaline, des jeunes critiques prônent un cinéma plus libre et inventif. Ils s'appellent Bazin, Truffaut, Rohmer, Godard… À longueur de colonnes, ils démolissent consciencieusement les films de Claude Autant-Lara (voire de Jacques Becker, réalisateur du passionnant film carcéral Le Trou, à la sortie de Montparnasse 19) et s'enthousiasment pour Roberto Rossellini, Ingmar Bergman, Fritz Lang… sans oublier des petits maîtres du cinéma américain (de Samuel Fuller à Budd Boetticher).

Pointons cette constante de l'œuvre: des femmes en soutien-gorge d'abord, à ...
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