C'est une proposition qui avait retenu l'attention d'Emmanuel Macron. "Je suis d'accord sur le chèque alimentaire, donc il faut qu'on le fasse", avait déclaré le chef de l'État, en décembre 2020, devant la Convention pour le climat, l'assemblée citoyenne créée en 2019 et chargée de proposer des solutions au gouvernement. "Vous avez raison, donc on va le faire". Deux ans après, cette mesure, votée dans la loi climat et résilience, en juillet 2021, n'a toujours pas vu le jour jusqu'ici. "C'est très compliqué à mettre en œuvre, je ne vous le cache pas", avait admis, en septembre 2021, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.
Alors que l'inflation est galopante, notamment sur les produits alimentaires - +7,7% sur un an en août et presque 12% attendus en décembre selon l'Insee -, l'exécutif a finalement substitué le chèque alimentaire, sorte de crédit d'achat pour une alimentation fraîche, bio et locale, par une aide anti-inflation afin d'épauler les ménages les plus modestes en grande difficulté. De quoi enterrer définitivement cette mesure ? "Il vaut mieux avoir des aides plus larges", a jugé Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, invitée d'Adrien Gindre sur LCI, jeudi 8 septembre.
Il faut accompagner les Français sur l'ensemble
Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale
"Le pouvoir d'achat, c'est le prix de l'alimentation, le prix du logement, le prix de l'énergie. Il faut accompagner les Français sur l'ensemble", a poursuivi la députée des Yvelines. "La difficulté du chèque alimentaire serait de savoir quels sont les produits qui sont concernés et qui seraient concernés. La mise en œuvre serait extrêmement complexe. Il faut envoyer un signal qu'on doit accompagner celles et ceux qui nous nourrissent, nos agriculteurs, et ne pas envoyer un message contradictoire."
"Pendant dix ans, on a eu de la déflation, c'est-à-dire que les prix alimentaires baissaient dans notre pays. Ça s'est fait au détriment de ceux de nos agriculteurs qui ont vu leurs revenus baisser. C'est la première profession dans notre pays qui souffre du suicide notamment. Il faut aussi avoir en tête ce point-là quand on parle d'alimentation, c'est la juste rémunération des agriculteurs", a indiqué l'ancienne porte-parole de LaREM. "Après, il y a comment on accompagne les plus fragiles. Ce sont les décisions qu'on a prises, qui ne concernent pas uniquement l'alimentation, parce que c'est un des enjeux. C'est ce qu'on a préféré faire dès cet été, avec non pas un chèque alimentaire, mais une aide massive qui est une aide pour les plus modestes."
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