C'est non. L'administration américaine a estimé mardi qu'il serait contre-productif en l'état actuel de qualifier la Russie comme un "État sponsorisant le terrorisme", rejetant ainsi les appels en ce sens en provenance de Kiev et de parlementaires américains. Interrogé lundi à ce sujet, le président américain Joe Biden avait lâché un "non" laconique, rompant des mois de tergiversations américaines au moins publiquement.
Mardi, la porte-parole de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre, à qui il était demandé d'expliciter la réponse du président Biden, a affirmé qu'une telle qualification "n'était pas le moyen le plus efficace ni le plus fort pour exiger que la Russie rende des comptes" pour son invasion de l'Ukraine.
VOLODYMYR ZELENSKY
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué mardi le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) mentionnant la présence de matériel militaire russe dans la centrale nucléaire de Zaporijjia.
"Le rapport mentionne la présence de matériel militaire russe dans l'enceinte de la centrale nucléaire, la pression qui y est exercée sur nos employés, et fait clairement allusion à l'occupation militaire russe. C'est une bonne chose", a déclaré le président ukrainien lors de son message quotidien.
AIEA
L'ambassadeur russe à l'ONU a regretté mardi lors d'une réunion du Conseil de sécurité que le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ne pointe pas la responsabilité de l'Ukraine, que Moscou accuse d'avoir bombardé la centrale nucléaire de Zaporijjia.
"Nous regrettons que dans votre rapport (...) la source de ces bombardements ne soit pas nommée directement", a déclaré Vassili Nebenzia, estimant que ce rapport présenté à distance par le patron de l'AIEA devant le Conseil était une "confirmation" que la "seule menace" contre le site venait des "bombardements et des sabotages par les forces armées ukrainiennes".
La responsable a notamment précisé que cela pourrait nuire aux efforts pour faire parvenir l'aide humanitaire à l'Ukraine. Une telle qualification pourrait aussi "saper la (coalition) multilatérale sans précédent qui a été si efficace pour exiger des comptes (au président russe Vladimir) Poutine et notre capacité à soutenir l'Ukraine" dans les négociations, a-t-elle ajouté.
Venant de la première économie mondiale, qualifier un État comme "soutenant le terrorisme" a de vastes conséquences, exposant notamment les banques et entreprises américaines à des poursuites devant les tribunaux.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait exigé fin juin que la Russie soit reconnue comme "État parrain du terrorisme", au lendemain d'une frappe russe sur un centre commercial ayant fait au moins 18 morts.
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