Une "sobriété volontaire" en priorité, pour éviter si possible une logique "coercitive" dans un second temps, voire des rationnements dans un troisième temps. Lors d'une conférence de presse consacrée à l'énergie, Emmanuel Macron a enjoint lundi les Français à se mobiliser pour limiter leur consommation personnelle. "Moi, comme beaucoup d'autres, on fait tous des efforts, on fait tous attention, on n'a pas commencé aujourd'hui", a réagi sur LCI le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, invité de l'Interview Politique ce mardi.
Mais surtout, le député communiste du Nord s'en est pris aux recommandations du chef de l'État, qui a encouragé à agir en diminuant la climatisation et en limitant le chauffage à 19 degrés en hiver, pour "économiser 10% de ce qu’on consomme habituellement". "Il vit sur une autre planète, pourtant, on n'en a qu'une. Quand il dit qu'il faut baisser la clim, où est-ce qu'il a vu la clim dans les appartements HLM de nos cités, dans les maisons des retraités ou des habitants ?", s'est-il irrité. "Là où il y en a, que l'on fasse ces efforts-là, et bien souvent, ils sont faits, mais il pense à ces millions de foyers qui vivent en précarité énergétique ? Ils ne les auront pas ces 19 degrés cet hiver, ils auront moins."
S'il a reconnu l'utilité de ces efforts pour les foyers qui ont la possibilité de le faire, Fabien Roussel estime que l'Élysée nourrit des illusions sur l'efficacité concrète de ces gestes. "Que chacun fasse un effort individuellement, c'est important, mais le gouvernement et le président de la République trompent les Français quand ils laissent croire que c'est cela qui permettra de s'attaquer au dérèglement climatique", a fustigé le parlementaire communiste. Avant de poursuivre : "Cela permet de réduire la consommation d'énergie, mais comme on doit se passer des énergies fossiles, on va devoir produire plus d'électricité pour les remplacer. C'est incontournable."
L'ancien candidat à la présidentielle a également appelé à "penser à tous ces foyers qui vivent dans des passoires thermiques, tous ces appartements pas rénovés qui vont subir un hiver rigoureux", mentionnant notamment son fief de Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord, où "on a intérêt à avoir du chauffage parce que ça fait mal" en hiver. Avant d'ajouter que la rénovation énergétique des bâtiments "coûte un bras", et que "si on n'y met pas les moyens, si on ne forme pas les jeunes, on n'y arrivera pas". De manière plus large, "on n'arrivera pas à s'attaquer au dérèglement climatique si on ne s'attaque pas aux inégalités sociales", a martelé le député.
Réagissant également à la proposition d'Emmanuel Macron de mettre en place une contribution au niveau européen aux opérateurs énergétiques qui feraient "des bénéfices indus", Fabien Roussel a concédé un système "peut-être plus juste" qu'une taxe et appelé à "une contribution de solidarité pour l'emploi et le climat". En revanche, "proposer de soumettre cette possibilité à une décision de la Commission européenne, c'est un peu se moquer de nous", a-t-il fustigé, craignant une adoption très tardive de la mesure. "Il faut mettre ça à l'œuvre tout de suite, dès le projet de loi de finances qui sera présenté d'ici un mois" au parlement, a-t-il ajou...
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