Vaccins anti-Covid : quelle efficacité face aux nouveaux variants ?

Atlantico - 24/04
Les variants anglais, brésiliens, sudafricains, indiens et autres du coronavirus inquiètent. Parmi les principales questions : l’efficacité des différents vaccins sur ces mutations du Covid-19.

Pourquoi les virus mutent-ils ? Qu’est-ce qu’un variant ?

Par définition, les virus mutent en permanence pour s’adapter aux hôtes qu’ils viennent contaminer. Plus les virus se répandent et plus ils doivent muter afin de rester toujours "performants". Mais lorsque les virus se multiplient dans les cellules, leur "recopiage" peut induire des changements de leur séquence génétique. On parle alors de "variants" ou de "souches variantes" pour désigner des souches virales sur lesquelles se sont fixées plusieurs mutations. Si ces mutations sont sans incidence la plupart du temps, certaines peuvent permettre aux virus de pénétrer plus facilement dans les cellules, de s'y multiplier plus vite et de devenir plus contagieux.

Trois variants se démarquent actuellement dans la catégorie "variants préoccupants" en France, avec le variant indien plus récemment (B1.617) - nous y reviendrons : le variant anglais (B1.17), le variant sud-africain (B1.351) et le variant brésilien (P.1). Dans son dernier bilan hebdomadaire (15 avril 2021), Santé Publique France indique que 83 % des tests criblés 5 et le 11 avril correspondent à une suspicion de variant anglais et 3,8 % correspondent à une suspicion de variant brésilien ou sud-africain. Deux variants moins préoccupants sont également surveillés par les autorités sanitaires en France : le variant Henri Mondor (découvert à Créteil), et le variant breton.

Encore mal connues par la communauté scientifique en raison d’un séquençage génomique très insuffisant en France, ces souches variantes du coronavirus pourraient mettre à mal l’immunité développée par les patients ayant déjà été contaminés par la Covid-19 et impacter l’efficacité des vaccins mis sur le marché.

À Lire Aussi

Mai 2020 / Mai 2021 : le match des déconfinements 

Variant anglais (B1.17) : plus contagieux, serait plus mortel, il peut contaminer les animaux (chiens, chats)

Signalé le 14 décembre 2020 à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le variant B1.17, est apparu en Angleterre au mois de septembre 2020. Selon le dernier bilan de l'OMS (13 avril 2021), il a été identifié dans 132 pays.

Ce variant est associé à une transmissibilité accrue (de 43 à 90 %) et possiblement à une forme plus sévère de la maladie, à un plus haut risque d’hospitalisation et à une mortalité plus élevée", indique Santé publique France dans son dernier bilan hebdomadaire (15 avril). Selon une enquête publiée fin janvier 2021 par l'Office national des statistiques, cette souche aurait en effet tendance à exacerber les symptômes "traditionnels" de la Covid-19 (toux, fatigue, courbatures). En revanche, la perte du goût (agueusie) et de l'odorat (anosmie) semblent moins fréquentes.

Une étude anglaise, menée par des chercheurs de l'Université d'Exeter et publiée en mars 2021 dans le British Medical Journal, affirme également que le variant anglais est entre 30 et 100% plus mortel que la souche historique du SARS-CoV-2. Cette analyse comparative (B1.17 versus Sars CoV2) a permis de constater que les personnes infectées par ce nouveau variant avaient 64 % de risque suppléme...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...