Édith Cresson : « Il y a un effondrement des débats à gauche »

Florent Barraco - LePoint - 24/04
ENTRETIEN. L’ancienne Première ministre socialiste analyse la crise du Covid-19 et déplore que notre pays soit trop dépendant de l’étranger.

Elle fut la femme la plus haïe de France. Le 15 mai 1991, Édith Cresson était la première femme nommée Première ministre. L'innovation durera moins d'un an. Au-delà du traditionnel « enfer de Matignon », pendant dix mois, la députée de Vienne, trop rude, trop abrupte, trop naturelle, va subir un véritable calvaire : critiques misogynes, fronde des socialistes et image dégradée dans l'opinion. Sur le fond, Édith Cresson va se positionner sur la désindustrialisation, la part trop importante de l'administration – et sa déconnexion avec la France réelle – et l'omnipotence de la fonction publique. Des sujets qui ont été mis en lumière à la faveur de la crise du Covid-19. Nous avons donc décidé d'aller voir la figure socialiste pour évoquer la gestion de la crise d'Emmanuel Macron, les carences de la France, l'état de la gauche et la présidentielle qui vient. Entretien.

Le Point : Depuis un an, la France fait face à l'épidémie de Covid-19. Une crise sanitaire est-elle la plus difficile à gérer pour les gouvernants ?

Édith Cresson : Il y a toujours pire, il peut y avoir la guerre… Mais c'est en effet difficile, car nous n'y sommes pas préparés et une épidémie est une chose que l'on connaît très mal. On ne sait pas comment elle va évoluer. C'est toute la question des variants. Sur la communication, les gouvernants doivent marcher sur les œufs, car ils ne connaissent pas le sujet. On constate même que les plus grands scientifiques sont un peu perdus et peuvent être contredits par la réalité de l'épidémie. C'est un domaine inconnu, et l'inconnu, c'est toujours le pire quand on gouverne.

Comment jugez-vous l'action d'Emmanuel Macron depuis un an ?

Il a fait des erreurs, bien sûr, mais...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...